Des manquements graves d’Airtel et Moov Africa dénoncés

Par une déclaration faite le 29 août 2025 à N’Djaména, le directeur général de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), Haliki Mahamat Choua, interpelle les deux sociétés de téléphonie mobile du Tchad (Airtel et Moov Africa) sur le non-respect de leurs cahiers de charge.

L’interpellation intervient après une mission diligentée en mai dernier par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) chez les deux opérateurs de téléphonie mobile, Airtel et Moov Africa Tchad. Selon le directeur général de l’Arcep, Haliki Mahamat Choua, l’objet de la mission vise l’effectivité de l’identification des abonnés, l’analyse et vérification de la conformité de la base des données des opérateurs vis-à-vis de la réglementation en vigueur et de faire des recommandations. Il ressort des travaux de cette mission, effectués sur la base des données fournies par Airtel et Moov Africa, des manquements graves et généralisés qui compromettent à la fois, la sécurité des usagers et la crédibilité du secteur, rapporte Haliki Mahamat Choua. Toutefois, il relève en se fondant sur les constats des campagnes d’identification, que l’opérateur Moov Africa fait mieux qu’Airtel.

S’agissant de l’analyse des bases des données, l’Arcep attribue à Airtel, douze blocs des numéros et à Moov Africa, onze. Mais d’après les conclusions de la mission, rapporte Haliki Mahamat Choua, Airtel compte 7 921 041 de numéros enregistrés ; 7 879 796 abonnés identifiés, dont 77,71% avec anciennes pièces d’identité et 21,77% avec Numéro national d’identification (Nni) ; 41 253 numéros non-identifiés (0,52%). Ces numéros non-identifiés, selon le directeur de l’Arcep, peuvent être valablement utilisés aux fins suspectes.

Du côté de Moov Africa, la mission comptabilise 7 653 253 numéros enregistrés ; 7 509 196 abonnés identifiés dont 54,16% avec anciennes pièces d’identité et 43,96% avec Nni ; 144.057 numéros non-identifiés (1,88%). Tous ces chiffres inacceptables, selon le directeur de l’Arcep, traduisent un manquement délibéré aux obligations légales et une mise en danger des utilisateurs. A cet effet, la mission a suggéré à la direction générale de l’Arcep, des mesures à prendre allant de la mise en demeure aux autres sanctions. Aussi, annonce-t-elle avoir transmis aux deux opérateurs de la téléphonie mobile (Airtel et Moov Africa), son rapport provisoire afin de requérir leurs observations.  L’Arcep se prépare également d’ici mi-septembre, à auditer la qualité de communication des deux opérateurs cellulaires aux fins de les contraindre au respect de leurs cahiers de charges.

Trop, c’est trop ! Il n’y pas de demi-mesure, ni de tolérance, conclut Haliki Mahamat Choua.

Nadjimbaye Dana Jonathan