Frictions sociales à l’hôtel Radisson Blu

Un climat social tendu s’installe au sein du Radisson Blu Hotel de N’Djaména. Par une correspondance datée du 29 janvier 2026 et adressée à la direction générale de l’établissement, le bureau des délégués du personnel notifie un préavis de grève, assorti d’une série de griefs mettant en cause les pratiques managériales et les conditions de travail au sein de l’hôtel.

Dans ce document, les représentants du personnel indiquent que la démarche fait suite à une assemblée générale tenue le 23 janvier 2026, puis reconduite le 28 janvier. Selon le courrier, les employés estiment que la gestion actuelle de l’établissement engendre un “épuisement moral” généralisé, qu’ils associent à des méthodes de management jugées inadaptées et préjudiciables au bon fonctionnement de la structure. Le texte évoque notamment des décisions qualifiées d’unilatérales, dont le départ du directeur technique, consécutif à un rapport d’audit datant de 2022 et modifié en 2025. Les délégués du personnel assimilent cette décision à un licenciement abusif, affirmant avoir saisi, à ce sujet, leur centrale syndicale, l’Union des syndicats du Tchad (Ust), par une notification en date du 30 décembre 2025. Le communiqué aborde également la question de l’assurance maladie du personnel. Les employés rappellent qu’ils bénéficiaient, depuis 2017, d’une couverture assurée par la Star nationale, dont les services donnaient, selon eux, satisfaction. Ils indiquent que, cette année, la direction aurait imposé un changement de courtier, à l’issue d’échanges qui n’auraient pas convaincu les salariés. L’assemblée générale aurait ainsi rejeté en bloc cette nouvelle option, exprimant sa volonté de conserver l’assureur précédent.

Par ailleurs, les représentants du personnel dénoncent des conditions de travail qu’ils estiment dégradées. Le document fait état de l’absence d’augmentation salariale et de perspectives de promotion, ainsi que de situations de harcèlement moral. Il souligne également des disparités salariales, les délégués affirmant que certains agents récemment recrutés percevraient des rémunérations supérieures à celles d’employés plus anciens, en dépit de l’existence d’une grille salariale en vigueur.

Au terme de leur correspondance, les employés exigent le départ du directeur général dans un délai de six jours, courant du 29 janvier au 5 février 2026. À défaut, préviennent-ils, une grève dite “sèche” d’une durée de trois jours, renouvelable, sera déclenchée jusqu’à satisfaction totale de leurs revendications.

À ce stade, aucune réaction officielle de la direction de l’établissement n’a été rendue publique. Contacté par notre rédaction, un membre du personnel s’est dit profondément choqué par les agissements jugés irrévérencieux de la direction. Tout en dénonçant les manœuvres qu’ils estiment arbitraires, il a réaffirmé la détermination des employés à user de tous les moyens légaux pour faire valoir leurs droits. Les représentants du personnel insistent sur le fait que, faute de solutions rapides, ils exigeront le départ du directeur général dans un délai restreint.

Nos multiples tentatives pour obtenir la version du directeur général sont restées sans réponse, laissant planer le doute sur sa position face à cette situation de crise.

Lissoubo Olivier Hinhoulné

Laisser un commentaire