Du 8 au 14 mars 2026, le Tchad à l’instar d’autres pays a commémoré la semaine mondiale du glaucome sous le signe : “Tous s’unir pour un monde sans glaucome”. À cette occasion, Dr Djada Djibrine Atim, ophtalmologue et président de l’Association tchadienne d’ophtalmologues (Ato) donne plus d’explications sur cette maladie oculaire.
Le glaucome est une maladie oculaire, silencieuse et chronique qui aboutit à la cécité, explique l’ophtalmologue Dr Djada Djibrine Atim. Il peut survenir à tout âge, sans distinction de sexe, même à la naissance (on parle de glaucome congénital). Chez les adultes, l’on note deux types de glaucome : glaucome aiguë à l’angle fermé (moins fréquent) et glaucome chronique à l’angle ouvert (plus fréquent) et atteint généralement les personnes de 40 années révolues. Au Tchad, aucune enquête approfondie n’a été faite à ce jour pour présenter avec exactitude, le nombre de personnes affectées par ce mal. Toutefois, l’on estime à peu près 8% de la population vivant avec cette pandémie.
Manifestations, causes et conséquences du glaucome
Selon Dr Djada Djibrine Atim, le glaucome est une maladie qui est sans bruit et qui n’a pas de signe clinique. Il se caractérise au commencement par la tension oculaire très élevée au niveau de l’œil. La tension augmente, puis détruit progressivement les nerfs optiques. Laquelle destruction va ensuite faire dégrader sans aucun signe, le champ visuel de la périphérie vers le centre de façon graduelle. Et malheureusement, Dr Djada poursuit son explication, lorsque le sujet sent qu’il ne voit plus bien, c’est trop tard, parce que la destruction au niveau de la tête du nerf optique est déjà avancée. Comme conséquence, un glaucome non découvert et non traité aboutit à la cécité. Cela veut dire que la personne devient définitivement aveugle et c’est irréversible. Raison pour laquelle on appelle glaucome “le voleur silencieux de la vision”. Sa particularité par rapport aux autres maladies visuelles, en l’occurrence la cataracte sait que lorsqu’il rend le patient aveugle, c’est définitif. Tandis que quand la cataracte qui conduit le sujet à ne pas voir, une fois l’opéré, il peut recouvrer la vue, affirme le spécialiste.
Traitement et précautions à prendre
Bien que le traitement de glaucome soit un peu coûteux (entre 18 000 à 20 000 francs chaque mois) et non gratuit, Dr Djada Djibrine Atim prie les personnes atteintes à ne pas abandonner les traitements à mi-chemin et de faire le suivi de temps en temps pour voir l’évolution de la maladie. Comme mesures préventives, le président de l’Association tchadienne d’ophtalmologues demande à la population à faire le dépistage précoce, seule alternative pour lutter contre ce mal. Il exhorte en outre le gouvernement à renforcer les ressources humaines afin de bien assurer les soins des personnes touchées sur toute l’étendue du territoire national. Car, pour l’heure, il n’y a que 15 ophtalmologues avec une soixantaine de techniciens supérieurs et infirmiers spécialisés en ophtalmologie pour tout le Tchad. Alors que l’Organisation mondiale de la santé (Oms) recommande un médecin ophtalmo pour 250 000 habitants, conclut Dr Djada Djibrine Atim.
Nadjimbaye Dana Jonathan
