Le secrétaire exécutif de la Commission du bassin du lac-Tchad (Cblt), Mamman Nuhu et la directrice régionale de l’Organisation internationale pour les migrations (Oim) pour l’Afrique de l’ouest et du centre, Sylvia Ekra, ont paraphé le 19 février 2026 à N’Djaména, un protocole d’accord. Objectif : renforcer la collaboration entre les deux organisations dans le cadre des activités de stabilisation communautaire dans la province du Lac-Tchad.
La signature de ce protocole d’entente encadre non seulement la confiance mutuelle entre la Cblt et l’Oim, mais aussi et surtout, la vision partagée qui guide l’action commune de ces deux organismes, estime le secrétaire exécutif de la Commission du bassin du Lac-Tchad, Mamman Nuhu. Pour ce faire, la Cblt se réjouit de travailler étroitement avec l’Oim à travers des points d’entrée clairement définis afin d’assurer une parfaite cohérence entre les bureaux nationaux et régionaux.
Le coordonnateur résident du système des Nations-unies au Tchad, François Batalingaya a affirmé pour sa part que le document scellé établit un cadre structuré pour une coopération plus stratégique, plus prévisible et plus efficace au service des priorités des États membres et des populations du bassin du Lac-Tchad. C’est un signal fort ; il reflète une volonté répartie d’aller au-delà des réponses fragmentées, pour investir dans des approches intégrées et de long terme, a ajouté François Batalingaya. Selon lui, la stabilisation du bassin du Lac-Tchad ne peut reposer uniquement sur des réponses humanitaires ou sécuritaires. Elle exige des investissements régionaux structurant une coordination politique renforcée et des partenariats solides entre institutions régionales, États et acteurs internationaux.
La directrice régionale de l’Oim pour l’Afrique de l’ouest et du centre, Syvia Ekra a, de son côté, rappelé que le bassin du Lac-Tchad demeure confronté à des fragilités profondément interconnectées à savoir : l’insécurité persistante liée aux groupes armés non-étatiques, notamment Boko Haram ; les déplacements massifs et prolongés. En décembre 2025, le bassin du Lac-Tchad comptait plus de 6,4 millions de personnes affectées ; des pressions croissantes sur des ressources naturelles distribuées ; et des tensions transfrontalières alimentées par la vulnérabilité climatique et l’absence d’opportunités économiques durables. C’est pourquoi, a souligné Sylvia Ekra, le paraphe du présent protocole d’accord permettra de consolider la cohérence entre les interventions nationales et le cadre stratégique régional porté par la Cblt ; de faciliter la conception conjointe de projets alignés sur la stratégie régionale 2.0 ; de renforcer l’utilisation des données afin d’éclairer les décisions politiques ; et d’améliorer la coordination transfrontalière, notamment en matière de réintégration, de justice transitionnelle, de solution durable et de gestion équitable des ressources.
NDJ
