La PSEA au centre d’un atelier de revue nationale

La Maison nationale de la femme et le système de Nations unies organisent ce 07 août 2025 à N’Djaména, un atelier de revue nationale de renforcement des capacités sur la Prévention contre les abus et exploitations sexuelles (PSEA), à l’endroit des institutions étatiques et non-étatiques.

Les objectifs de cet atelier de deux jours sont d’identifier les besoins prioritaires en matière de préventions et des réponses à l’exploitation et à l’abus sexuel, renforcer les capacités institutionnelles des acteurs étatiques et non-étatiques et élaborer une feuille de route conjointe pour l’intégration effective de la Psea dans le prochain cadre de coopération pour le développement durable. Mme Maimouna Abdelkérim Koulbou, directrice générale de la maison nationale de la femme, souligne que cette rencontre vise à créer un espace de dialogue, de partage d’expérience et de renforcement des compétences des parties prenantes afin de favoriser une compréhension commune de principe de la Psea et de la tolérance zéro envers toutes formes d’exploitations ou d’abus sexuels. Aussi, renforcer les capacités des participants sur les procédures de signalement d’enquête et de prise en charge des éventuelles victimes.

La représente du système de Nations Unies et cheffe des Fonds des nations unies pour la population (UNFPA), Mme Yewané Osarhieme Odia salue quant à elle, l’engagement du gouvernement tchadien depuis 2019 au cercle des dirigeants engagés en faveur de la Psea avant de la promulguer en janvier 2025. Pour elle, ledit atelier consiste à jeter les bases d’un pacte national sur la Psea à travers une approche inclusive, participative et résolument tournée vers l’action. Car, la prévention contre les abus et l’exploitation sexuelle n’est pas une option mais c’est une obligation morale, juridique et institutionnelle. Elle exige du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, société civile et système des nations unies, une vigilance constante, une coordination renforcée et une volonté politique affirmée.

La Ministre d’Etat, Ministre de la femme et de la petite enfance, Mme Kitoko Ngata Goulou, estime pour sa part que ce rassemblement traduit une prise de conscience collective face à un fléau (violences faites aux femmes) qui, depuis trop longtemps, mine les fondements des sociétés tchadiennes et détruit dans le silence et l’indifférence, les vies des milliers de femmes, de filles, mais aussi d’hommes et de garçons.

Présentation des quelques données

Selon la Ministre d’Etat, Ministre de la femme et de la petite enfance, Mme Kitoko Ngata Goulou, 23% des filles sont mariées avant 15 ans ; 65% avant 18 ans ; 38% des femmes âgées de 14 à 49 ans ont subi des mutilations génitales. Une femme sur trois déclare avoir été victime de violence physique ; 12% subissent des violences sexuelles chaque année ; 49% des femmes ont été blessées à la suite de violences conjugales et la proportion des filles excisées parmi celles âgées de 0 à 14 ans était estimée à 9,9% en 2014. Face à cette réalité, constate la  Ministre Kitoko, la responsabilité de l’Etat, des dirigeants et des citoyens est immense. Il est donc temps pour ceux-ci de transformer leurs engagements en actions concrètes, coordonnées et durables.