L’Office national pour la promotion du tourisme, de l’artisanat et des arts (Onpta) a organisé au profit de plusieurs corporations d’artisans, un atelier de renforcement des capacités les 3 et 4 septembre 2025.
Le thème “Gestion et commercialisation des produits artisanaux” qui a sous-tendu l’atelier, traduit le constat selon lequel ce potentiel est encore freiné par des insuffisances, notamment dans les domaines de la gestion et de la commercialisation. Ce qui demeure un grand défi pour l’artisanat tchadien qui est d’une richesse inestimable à la fois culturelle et socioéconomique. Des potentialités freinées également par le manque des stratégies de gestion et de commercialisation, reconnaît Ali Togia, le directeur des Petites et moyennes entreprises artisanales (Pmea). D’où le choix des quatre modules dispensées aux participants à l’atelier pour renforcer leurs capacités, notamment : créer et formaliser votre entreprise artisanale ; identifier les opportunités économiques ; développer vos compétences en vente et marketing ; et gérer efficacement votre entreprise. Car, il est question de poser les bases juridiques et fiscales indispensables à sa visibilité, aider à mieux comprendre les marchés locaux ; régionaux et internationaux, mieux positionner les produits et séduire de nouveaux clients. Cela, grâce à des outils simples, concrets et adaptés à la capacité de chacun.
Des recommandations émises
A l’issue de l’atelier, les participants ont émis les recommandations suivantes :
Au gouvernement : construire un village artisanal au profit des artisans ; réactiver et mettre en œuvre chaque année la Journée nationale de la promotion de l’artisanat (Jnpa) ; rouvrir les écoles de formations artisanales existantes ; créer un ministère de l’Artisanat ; impliquer les artisans dans la construction des édifices publics.
A l’Onpta : encourager les artisans à participer aux foires et salons internationaux ; soutenir et accompagner les corporations artisanales porteurs de projets de formation ; plaider pour la mise en place d’un mécanisme de financement des artisans à travers un Fonds d’investissement de l’artisanat ; créer des galeries de ventes et expositions dans les grandes institutions et entreprises (aéroport, ambassades, hôtels, …).
Au Fenat : créer une synergie de coordination des artisans dans les 23 provinces ; plaider pour rendre accessible les médias aux artisans ; plaider auprès des autorités compétentes, pour alléger les taxes fiscales qui handicapent l’essor de l’artisanat tchadien.
Aux artisans : de créer une coopérative d’épargne et de crédit propre aux artisans ; et s’organiser en groupement ou association par corporation.
Professionnaliser l’artisanat tchadien
Les participants ont également plaidé auprès de l’Onpta, pour perpétrer cet atelier afin que l’artisanat tchadien puisse se professionnaliser, être compétitif sur les marchés et rayonner au-delà les frontières. “Nos artisans formés détiennent désormais les clés d’une gestion efficace de leur petite et moyenne entreprise artisanale (Pmea), et des outils pour une commercialisation réussie de leurs produits”, s’est réjoui Mahamat Nour Hassan, le président de la Fédération nationale des artisans tchadiens (Fenat).
Ce qui conforte le directeur général de l’Onpta, Fadoul Mocktar, dans ses propos : “Cet atelier n’est qu’un début. Convaincu de l’impact transformateur de ce type d’initiative, nous avons l’ambition de multiplier ces sessions de formation à travers tout le pays, en partenariat avec les fédérations des artisans, les collectivités territoriales et nos partenaires techniques. Chaque province, chaque spécialité artisanale mérite d’être accompagnée, structurée et valorisée. Notre objectif est clair : faire émerger une nouvelle génération d’artisans-entrepreneurs, capables de vivre dignement de leur art et de contribuer activement à l’économie locale et nationale. Et l’ambition est de faire de chaque artisan formé, un entrepreneur autonome, compétitif et fier de son identité culturelle”. C’est pourquoi, dit-il, le choix d’une formation pratique, dynamique et adaptée aux réalités des artisans s’est imposé. Puis d’ajouter que cet atelier s’inscrit dans une vision plus large portée par le ministère de tutelle et l’Onpta, qui est celle de l’élévation de l’artisanat tchadien au rang de véritable levier de développement économique et social.
Dans un monde en constante évolution, où les exigences des marchés changent, où les circuits de distribution se digitalisent, et où la concurrence est de plus en plus rude, “Il ne suffit plus de produire de beaux objets. Il faut aussi savoir les valoriser, les commercialiser et structurer son activité de manière professionnelle et durable”, conclut le Dg Fadoul.
Roy Moussa
