Les journalistes en ligne à l’école du droit

L’Association des médias en ligne du Tchad (Amet) a organisé un atelier de formation de deux jours consacré au bon usage des termes juridiques dans le traitement de l’information judiciaire. Une initiative visant à renforcer la rigueur professionnelle et à améliorer la qualité de la couverture médiatique des affaires de justice.

Face aux approximations et aux confusions souvent relevées dans le traitement des questions judiciaires, l’Association des médias en ligne du Tchad (Amet) a réuni une soixantaine de journalistes autour d’un atelier de renforcement des capacités axé sur la maîtrise du vocabulaire juridique et la compréhension de l’organisation judiciaire tchadienne. Placée sous le thème : “Comprendre l’organisation et les compétences des différentes juridictions”, cette session de formation répond à une nécessité professionnelle impérieuse, celle de permettre aux journalistes de mieux décrypter les décisions de justice, d’éviter les erreurs de vulgarisation et de garantir au public une information fiable, précise et responsable.

 

Démystifier le jargon juridique pour une presse en ligne plus rigoureuse

Les initiateurs de l’atelier ont souligné que les termes juridiques, souvent complexes, peuvent prêter à confusion lorsqu’ils sont mal interprétés ou mal employés. Une mauvaise vulgarisation des concepts judiciaires peut en effet induire le public en erreur et fragiliser la crédibilité des médias. Durant deux jours, les participants ont été édifiés sur le Code de l’organisation judiciaire au Tchad (loi n°0011), le Code de procédure pénale et la terminologie juridique appropriée. Les échanges ont également porté sur les grandes étapes de la procédure judiciaire, les rôles respectifs des magistrats, avocats et auxiliaires de justice, ainsi que sur les bonnes pratiques en matière de couverture médiatique des procès. L’atelier s’est déroulé en deux sections linguistiques (française et arabe) afin de garantir une meilleure appropriation des contenus par l’ensemble des participants. À travers cette initiative, l’Amet entend doter ses membres d’outils solides pour couvrir les décisions judiciaires avec rigueur, dans le respect des principes fondamentaux de la justice. Les résultats attendus portent notamment sur une meilleure maîtrise des statuts des autorités judiciaires, des compétences des différentes juridictions et des domaines d’intervention des auxiliaires de justice. Au-delà du renforcement technique, cette formation participe d’un enjeu démocratique majeur : consolider la qualité de l’information judiciaire au Tchad et contribuer à une meilleure compréhension des procédures par les citoyens. Le ministre de la Justice, garde des sceaux, Youssouf Tom, a dans son discours d’ouverture, souligné la nécessité d’outiller les journalistes nationaux sur des thématiques phares. Selon lui, cette initiative mérite également un appui gouvernemental afin de former des journalistes qui comprennent mieux chaque secteur pour une couverture médiatique appropriée. La formation a été dispensée par des magistrats et professionnels chevronnés, parmi lesquels Adam Ibrahim, magistrat et enseignant-chercheur à l’École nationale de formation judiciaire (Enfj), le secrétaire général adjoint du Conseil supérieur de la magistrature, magistrat Zadadine Adoum ainsi qu’un officier français.

Lissoubo Olivier Hinhoulné

 

Laisser un commentaire