Lutte contre les discours de haine

Le Tchad a franchi un palier. Avec l’organisation par l’Unesco courant novembre 2025, d’un atelier national de finalisation du plan d’élaboration de la stratégie nationale de lutte contre les discours de haine, et d’intégration de l’éducation aux médias et à la communication (Emi), dans les programmes d’enseignement formel et non formel au Tchad.

Les multi acteurs ayant pris part à l’atelier sont issus des secteurs de la communication, de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la société civile. Ils ont proposés une réponse nationale, pour faire face aux discours de haine à travers l’élaboration d’un plan d’action concerté, pour la rédaction de la stratégie nationale et l’introduction de l’éducation aux média et à la communication (Emi) dans les curricula. En adoptant la stratégie régionale de la Cémac au contexte et réalités tchadiennes. En plus de la stratégie, un travail concerté a inclut un calendrier opérationnel : la mise en place d’un comité de pilotage et le renforcement de la coordination inter institutionnelle autour d’une feuille de route commune.

‘’ Le gouvernement à travers le ministère de la communication qui a assuré le leadership de ce processus, promet vous accompagner dans ce sens (…)  ‘’ a rassuré aux participants, Kadidja Mahamat Hissein, la secrétaire générale adjointe du ministère de la communication. Qui ajoute que le Tchad dispose désormais d’un bon document de référence, qu’il faut en faire un bon usage avec l’appui des partenaires.

Une feuille de route et un plan d’actions élaborées

Deux documents adossés aux recommandations émises par les deux groupes de travail, dont le premier a élaboré le document de stratégie nationale et le second sur le projet de document d’intégration de l’éducation aux médias et à la communication, le tout mis en commun et synthétisé. Il est question : d’organiser un atelier de finalisation et de validation du document ; remettre ledit document validé par le ministère de la communication au gouvernement ; mettre sur pied un e équipe multi acteurs (gouvernement et société civile), pour la relecture de cet avant projet de la stratégie nationale et élaborer un plan d’action national de prévention et de lutte contre les discours de haine ; organiser un forum national pour l’adoption de la stratégie et du plan d’action de lutte contre les discours de haine au Tchad ; instaurer une rencontre périodique de mise à jour et de suivi de la stratégie et du plan d’action. Le tout assorti d’un calendrier déroulé sur 18 mois.

Le premier groupe de travail recommande de : mettre en place un réseau national ou un comité inter acteurs (gouvernement-société civile), pour coordonner les efforts de prévention et de lutte contre les discours de haine ; initier des camapagnes nationales de sensibilisation (radio, télé, presse écrite et en ligne, réseaux sociaux) conçus avec des acteurs locaux pour promouvoir la tolérance et la cohésion ; organiser des formations régulières (ateliers, séminaires) pour les journalistes, les animateurs radio, les leaders communautaires et les jeunes sur les discours de haine ; encourager et financer les projets culturels (théatre, slam, poésie, …) pour promouvoir l’inclusion, la paix et lutter contre les discours de haine ; créer des mécanismes de veille ou d’alerte citoyenne contre les discours de haine, à travers la création des lignes téléphoniques (mise à disposition des numéros verts), des formulaires en ligne et des relais communautaires ; et créer un observatoire national, à l’effet de veiller sur les bonnes pratiques et mécanismes de prévention et de lutte contre les discours de haine.  Avec des recommandations spécifiques aux diverses parties prenantes identifiées, mobilisées ou à mobiliser, notamment les parlementaires, le régulateur des médias, le système éducatif, les organisations de la société civile (Osc), les partenaires institutionnels nationaux et internationaux. En mettant à contribution les divers outils existants.

Le second groupe de travail (Emi) recommande de : promouvoir une approche collaborative entre Education, Communication, Jeunesse et Société civile ; assurer une équité territoriale notamment dans les zones rurales et fragiles ; favoriser l’apprentissage actif : pratique du journalisme scolaire, fact-cheking ; productions multimédia ; intégrer la dimension Genre en favorisant l’accès ds filles aux ressources numériques ; développer une culture numérique éthique et responsable incluant une compréhension de l’Intelligence artificielle (Ia).

Pour le président du présidium des travaux, Hassan Guedallah Mahamat, par ailleurs chef de département communication de la Hama, l’Unesco a aidé le Tchad à ouvrir des perspectives, à structurer la réflexion et à bâtir des réponses adaptées aux réalités du pays, en matière de lutte contre les discours de haine. ‘’ (…) Aujourd’hui, nous repartons avec une mission : celle de transformer cette stratégie en actions, transformer ces actions en changements et transformer ces changements en paix durable, en luttant contre les discours de haine (…) ‘’, a-t-il promis. A la satisfaction de Serge Bayamba, le représentant du bureau régional de l’Unesco, qui a supervisé les travaux.

Roy Moussa