La Cotontchad Sn a organisé du 16 au 17 septembre 2026 à N’Djaména, un atelier de réflexion sous le signe : “redynamiser le secteur coton à travers une approche partenariale au profit des communautés d’une production durable”.
Réfléchir ensemble aux solutions économiques, sociales et environnementales consistant à la mise à l’échelle des politiques “Cotton made in Africa” (Cmia) et transitions nécessaires vers une filière plus durable et robuste face aux défis actuels rencontrés dans les zones cotonnières. Tel est l’objet premier de cet atelier qui a regroupé une trentaine de participants issus de la Cotontchad Société nouvelle, d’Olam agri, de la Cmia, des structures publiques, des organisations de la société civile, des organisations non gouvernementales, des bailleurs de fonds et des agences onusiennes. Il s’agit, de manière spécifique, de partager une vue d’ensemble des activités sociales et environnementales de la Cotontchad Sn et présenter les avancées dans le cadre de la certification Cotton made in Africa ; formuler des suggestions et recommandations en vue des opportunités, des défis économiques, sociaux et environnementaux rencontrés par la filière ; et identifier des axes de collaboration technique et financière pour la filière coton avec les différents partenaires présents.
Lançant les travaux, le directeur général de la Cotontchad, Ibrahim Malloum rappelle que le coton n’est pas seulement une culture agricole au Tchad. Il est une histoire, une économie, un mode de vie et un véritable levier de développement. Selon lui, environ 3,5 millions de personnes tirent l’essentiel de leurs revenus du coton, ce qui fait de lui l’un des secteurs les plus stratégiques du Tchad. Il précise qu’au-delà de son importance économique, le coton contribue fortement à la structuration du monde rural. C’est pourquoi, la Cotontchad et ses partenaires, y compris le gouvernement ainsi que l’ensemble des producteurs devront continuer à conjuguer leurs efforts pour améliorer la qualité du coton à chaque étape de la production et tout le long de chaîne de valeur.
Fixer des prix pour permettre aux producteurs du coton de tirer un revenu juste de leurs efforts
Pendant deux jours des travaux, les participants ont discuté sur trois piliers essentiels : l’engagement des producteurs et la structuration des coopératives ; la relance de la filière à travers les bonnes pratiques agricoles et la santé des sols ; le développement des communautés cotonnières. Les débats sur le premier pilier (engagement des producteurs) ont montré que la structuration en coopératives constitue une étape incontournable pour renforcer la gouvernance locale, améliorer l’accès aux services et promouvoir une participation plus active des producteurs au développement de leur filière, a souligné le président du Conseil d’administration de la Cotontchad, Saad Chérif Ahmed, qui a clos les assises. Quant aux échanges consacrés au second pilier (bonnes pratiques agricoles et à la santé des sols), il a été question de l’urgence d’intensifier les efforts en matière de fertilité des sols, d’agroforesterie, de gestion durable des ressources naturelles et de diffusion des innovations agricoles. S’agissant du dernier point (développement des communautés cotonnières), les discussions ont révélé qu’il ne saurait y avoir de filière coton durable sans communautés fortes et résilientes. Le développement économique doit aller de pair avec le développement humain. Les questions liées à la sécurité alimentaire, à l’autonomisation économique des femmes, à l’insertion des jeunes et à la protection des droits des enfants doivent continuer à occuper une place centrale dans les débats publics, a insisté Saad Chérif Ahmed.
A leur tour, les participants ont lancé un appel solennel à l’État et au groupe Olam-agri, afin d’accompagner davantage la relance de la filière. Un soutien accru à l’accès aux intrants agricoles de qualité raisonnable, une politique favorable à la compétitivité de la production cotonnière, ainsi qu’un cadre de fixation des prix permettant aux producteurs de tirer un revenu juste de leurs efforts sont des éléments essentiels pour renforcer l’attractivité de la culture du coton.
Par ailleurs, les participants ont plaidé pour l’entretien et la réhabilitation des pistes rurales qui constituent, selon eux, un investissement indispensable pour désenclaver les zones de production. Ce qui permettra également de réduire les coûts logistiques et améliorer l’accès aux marchés pour les communautés rurales.
Par cet atelier, la Cotontchad envisage reprendre sa place de premier producteur du coton en Afrique.
Nadjimbaye Dana Jonathan
