Actualité oblige. À l’orée de la rentrée scolaire effective des classes intermédiaires, le président de la République a effectué, le 30 septembre, une visite dans plusieurs établissements publics de N’Djaména. Du lycée Félix-Éboué à l’Université Roi-Fayçal, le chef de l’État a pu prendre la mesure des conditions dans lesquelles s’effectue cette reprise, alors que les classes d’examen ont, elles, repris les cours depuis le 15 septembre.
Dans les établissements visités et auprès des responsables interrogés, la rentrée se fait dans un climat mêlé d’enthousiasme et d’attentes. Les inscriptions se poursuivent encore dans plusieurs lycées et les effectifs définitifs ne sont pas toujours connus. Au lycée d’Atrone 2, plus de 522 élèves sont déjà inscrits au moment du passage de notre équipe, sans que les inscriptions ne soient closes, ont fait savoir les responsables dudit établissement. Pour son proviseur, les difficultés ne se situent pas au même niveau. Le véritable problème reste, selon lui, celui des infrastructures et du mobilier. Certains bâtiments sont privés de toiture et les tables-bancs font défaut. En revanche, l’établissement disposerait des manuels nécessaires. À Amtoukougne 2, le proviseur Service Moundou Haran appelle à attendre encore quelques jours avant de tirer un bilan définitif des inscriptions. “Le plus souvent, c’est quand les cours reprennent normalement que les élèves viennent s’inscrire”, souligne-t-il.
L’établissement fait cependant face à un déficit d’enseignants. Certains ont été affectés et la direction affirme avoir saisi la hiérarchie en vue de leur remplacement. Ce qui n’est toujours pas fait. La situation du mobilier demeure également préoccupante. Une petite dotation en tables-bancs a été reçue, mais certains sont déjà cassés et doivent être réparés.
Les besoins en manuels ne sont pas non plus totalement couverts. Malgré ces difficultés, la reprise suscite de l’enthousiasme chez les enseignants. Après plusieurs mois de vacances, retrouver les élèves constitue, pour certains, un véritable moment de satisfaction. Au lycée de Gassi, Djimtibaye Ngardoum, enseignant en activités socio-éducatives et culturelles, se dit particulièrement ému par ces retrouvailles. “On s’est séparés des élèves il y a trois mois et c’est un grand plaisir de les retrouver”, confie-t-il. Chez Fuedibé Gabdibé Danielle, enseignante en animation, l’impatience est également perceptible. Elle souhaite une année scolaire sans perturbations et espère pouvoir dispenser ses enseignements dans de bonnes conditions. Les moyens existent, estime-t-elle, mais restent insuffisants pour certains apprentissages nécessitant des supports pédagogiques supplémentaires.
Pour les responsables des établissements, cette rentrée reste aussi celle des besoins à satisfaire, des équipements à renforcer et des réponses administratives encore attendues. Si l’émotion et l’enthousiasme des uns et des autres laissent entrevoir une rentrée sous de bons auspices, le bras de fer entre les syndicats d’enseignants et le gouvernement ne demeure pas moins préoccupant pour les parents d’élèves. À leurs yeux, cette rentrée scolaire s’ouvre sur fond de tensions sociales. Le gouvernement de Halina 2 est interpellé !
Neronel Cynthia, stagiaire
