“La justice élève une nation, mais le péché est la honte des peuples”. Verset complet de la Bible (parole de Dieu) tiré de la version Segond dans Proverbes 14 verset 34. Ce verset illustre de manière exhaustive et parfaite la situation que vit la 5e République et incite à réfléchir davantage. En d’autres termes, le verset souligne l’importance de la justice pour la prospérité et l’élévation d’une nation, tandis que “le péché conduit à la déchéance et la honte”. Ce n’est pas N’Djaména Hebdo qui le dit. Loin s’en faut. Mais il établit ce rapport au regard de la dérive que prend le Tchad actuel. C’est un constat réel d’un pays où fuit la justice en faveur de l’injustice, de la corruption, de l’escroquerie, des manipulations des dossiers, de l’enrichissement illicite, du népotisme, du clientélisme, bref des vices sous toutes leurs formes qui accablent la grande majorité des tchadiens résignés et contraints aujourd’hui à une contemplation passive. N’Djaména Hebdo réalise ce constat, non comme un scribouillard, mais compte tenu de son rôle d’éveil des consciences et surtout celle des autorités, semblables à des bergers à qui Dieu a confié le rôle de conduire son peuple dans la droiture et donc la justice, il s’attend à un changement positif pour le bien-être de tous. Faut-il le souligner, ce verset pris pour étayer le malheureux vécu des tchadiens est souvent cité pour rappeler l’importance de la justice et de l’équité dans la conduite des affaires publiques et dans les relations entre les individus. Sous d’autres cieux où l’autorité de l’état existe, où les citoyens sont égaux devant la loi, la justice élève. Tel n’est pas le cas chez nous où des individus s’estiment au-dessus de la loi. Comme au temps médiéval, certains tchadiens qui pensent que c’est un privilège d’appartenir ou d’être proches des tenants du pouvoir, continuent à mépriser les autres. Ils appliquent la loi de la jungle. Celle du plus fort. Les images de maltraitance des humains qui passent en boucle sur les réseaux sociaux sont inimaginables ! Elles relèvent d’une sauvagerie inouïe. Mais rien ne semble bouger pour mettre fin à de telles sauvageries des siècles révolus.
C’est un secret de Polichinelle donc que de dire que la justice tchadienne va mal. L’installation des deux membres du parquet général de N’Djaména le vendredi 25 juillet 2025 nous a davantage édifié à ce sujet. Notamment, sur le mauvais état de santé de notre justice moribonde. Au cours de cette séance, le Procureur général sortant, Danbaibé Paring, qui connaît mieux la maison, devait rappeler les tâches qui attendent les deux magistrats. “Qu’il me soit de relever que notre justice est malade. Elle est très malade. Elle souffre de deux maladies chroniques à savoir la corruption et la concussion. Notre justice est décriée à tort ou à raison mais une chose est sûre, c’est qu’elle a besoin d’une thérapie de choc, sinon, ses jours sont comptés. C’est pourquoi, Monsieur le Président, Monsieur le Procureur général, les hautes autorités vous ont fait appel en tant que médecins expérimentés pour soigner cette justice mourante. (…) Vous avez entre vos mains la viande brûlante. Nous vous observons.”
Voilà qui est dit qui doit interpeller également à la haute sphère du Tchad. Ces plus hautes autorités qui, du reste, n’ont pas les mains propres dans le travers de notre justice. Elles qui, par des manœuvres et autres manipulations sordides et diverses entravent le cours normal de la justice par l’application des lois et ordonnances liberticides qui musèlent le peuple, les arrestations et détentions arbitraires des voix discordantes, etc. Alors, pour un Tchad où le citoyen lambda peut se sentir à l’aise afin de contribuer véritablement à son développement, le premier magistrat est interpellé. Le Maréchal Idriss Déby Itno ne doit plus se contenter de discours lénifiants, mais agir pour rétablir une véritable justice pour tous. L’avenir du Tchad, havre de paix chantonné du bout des lèvres en dépend.
La Rédaction.
