Trois jours après leur arrestation, les huit chefs des partis politiques membres du Groupe de concertation des acteurs politiques (Gcap) ont été placés sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt correctionnelle de Klessoum (N’Djaména) ce 28 avril 2026.
C’est après être auditionnés individuellement et à huis clos devant le Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de N’Djaména, Moussa Abdelkérim Saleh, en présence de leurs avocats et sous une haute surveillance militaire, qu’ils seront finalement déposés à la prison de Klessoum.
Attroupement armé, association de malfaiteurs, mouvement insurrectionnel, rébellion et détention illégale d’armes de guerre sont entre autres, les chefs d’accusations brandis contre eux.
Dans sa déclaration post-audience, le Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de N’Djaména, Moussa Abdelkérim Saleh, souligne que l’arrestation de ces responsables du Gcap fait suite à l’organisation clandestine au domicile de l’un de leurs membres, Neatobeï Bidi Valentin du parti PAP/JS le 25 avril dernier, d’une réunion en vue de mobiliser les citoyens sur l’ensemble du territoire national et à l’étranger pour mouvement insurrectionnel projeté.
La Cour suprême, elle, a par un arrêt du 24 avril, annoncé la nullité de ce regroupement (Gcap) avant que le Ministre de la sécurité ne vienne par un communiqué lui demander de cesser ses campagnes de sensibilisation lancées pour mobiliser une marche d’indignation et de protestation prévue le 02 mai 2026. Aussi, poursuit le procureur, qu’au cours de l’enquête et leur interprétation menée par la police judiciaire, divers documents subversifs et des armes de guerre ont été saisis et mis sous scellé.
Au regard de la gravité des faits qui leurs sont reprochés, le parquet d’instance a ouvert une enquête judiciaire afin d’identifier les auteurs, co-auteurs et complices pour les conduire devant les juridictions compétentes afin de répondre de leurs actes conformément à la loi.
Pour le collectif des avocats des opposants arrêtés, par la voix de Me Adoum Moussa, il y a l’absence d’accusation contre ses clients. ‘’Malgré l’intervention des avocats constitués de ces huit arrêtés et absence d’infraction constatée par rapport à leurs auditions, ils sont tous placés sous mandat de dépôt malgré leurs âges avancés et leurs diverses maladies. Cependant, nous attendons à ce que la date d’audience soit fixée pour qu’on vienne défendre ce dossier devant le tribunal correctionnel de N’Djaména’’, a déclaré Me Adoum Moussa. Pour l’heure, la date d’audience demeure inconnue.
