L’Unicef  se rapproche davantage des populations des deux Logone

Une mission d’imprégnation des journalistes du public et du privé, sur les interventions de l’Unicef dans la zone sud, notamment dans les deux Logone, s’est déroulée du 27 au 30 septembre 2021.

Les zones d’intervention visitées sont Moundou, Bénoye et la Ribi/Larmanaye. La conférence de presse animée à l’issue des visites de terrain par Mohamed Aly AG Hamana, chef de bureau Unicef de zone de Moundou, a permis de lever les zones d’ombre et mieux appréhender cette opération de visibilité, organisée conjointement avec la Haute autorité des media  et de l’audiovisuel (Hama). Cette opportunité facilitée par la Hama a permis à Mohamed Aly Hamana de revisiter l’histoire du bureau de zone de Moundou, créé en 2012 et qui couvre sept provinces. C’est un poids lourd au niveau du pays. Ce bureau représente un indicateur de taille, parce qu’il abrite 42% d’enfants de moins de cinq ans. “Nous avons une équipe de 23 personnes et travaillons avec des partenaires étatiques et non étatiques, pour relever la plupart des défis auxquels la zone est confrontée. Ces défis sont essentiellement liés à l’éducation, à la santé, à la protection, à la nutrition mais également à des situations d’urgence qui se présentent”, explique le chef de bureau.

La zone abrite également des réfugiés, des retournés confrontés le plus souvent à des épisodes d’inondation ainsi qu’aux épidémies, dans la zone du Mayo-Kebbi est et ouest où le choléra a sévi en 2019. Cette menace se profile encore à l’horizon, parce que des pays voisins connaissent l’épidémie. Le bureau a été confronté à la Covid-19 mais il a adapté ses programmes à la circonstance. Ce qui fait partie des flexibilités et de l’adaptation qui ont pu se faire par rapport aux programmes. Cela a aussi impacté le déroulement normal des activités.

Pour ce qui concerne les manquements qui s’observent, après avoir renforcé les capacités ou exécuté un programme, le chef de bureau précise que tout ce qui se fait vient en appui au gouvernement du Tchad avec l’appui d’autres partenaires également. L’apport de l’Unicef est une contribution par rapport à ce qui se fait au niveau de la zone. Les besoins sont de loin supérieurs à la disponibilité, et également au niveau de la mobilisation des ressources. Cette occasion est une opportunité pour l’Unicef et les media, de mettre le doigt sur un certain nombre de choses auxquelles le bureau est confronté au quotidien. Il y a lieu de mobiliser beaucoup plus de ressources pour faire face à cette situation. Car, en dépit des efforts fournis, non seulement par le gouvernement, mais aussi par l’Unicef et d’autres partenaires avec lesquels le bureau travaille, un travail en synergie doit s’effectuer pour répondre à des besoins tout à fait légitimes et qui constituent les droits des populations et plus particulièrement celui des enfants.

 

Principale activité de l’Unicef, la protection de l’enfance

Le choix des sites visités (Moundou, Bénoye et Larmanaye), n’est pas fortuit. Il a une explication. En plus de l’approche sectorielle mis en place, il se développe une approche multisectorielle dans ces trois localités. Deux approches communautaires appelées à être mises à l’échelle y sont en train d’être testées. C’est pourquoi le bureau a tenu à les montrer, pour stimuler et faire en sorte que cette approche qui a tendance à regrouper tous les secteurs au niveau de l’Unicef, puisse devenir un exemple à mettre à l’échelle au niveau des autres localités. L’information relative à cette approche est que cette activité pilote, menée avec le bureau de Dakar, a suscité la curiosité des collègues du Togo, qui ont fait venir une équipe pour s’inspirer de ce qui se passe au Tchad, plus précisément au niveau de Krim-Krim et Bénoye. Des conditions sont créées pour que le paquet complet et intégré soient là, pour ce processus en cours encore inachevé. Le bureau a voulu donner cet exemple pour que la synergie au niveau de l’Unicef soit une réalité, mais également au niveau des acteurs, pour mutualiser les efforts de maximiser les résultats.

Pour ce qui concerne l’absence des produits anti rétroviraux dans la pharmacie du centre Djénandoum Naasson (Cdn), qui s’occupe de la prise en charge des jeunes, adolescents et femmes vivant avec le Vih, Mohamed rappelle que le centre Djénandoum a bénéficié pendant plusieurs années des appuis de l’Unicef. Malheureusement, ces derniers temps, il n’en bénéficie pas, faute de financement disponible. Mais le sujet est au cœur des préoccupations de l’Unicef.

Le bureau Unicef est en partenariat avec la délégation sanitaire provinciale tout comme l’hôpital de district. Un service minimum est effectué dans ces deux structures, reconnaît le chef de bureau, mais il n’est certes pas suffisant. “Nous sommes conscients. Nous sommes en train de mettre le paquet afin de pouvoir redynamiser les activités au niveau de ce centre”, affirme Mohamed.

Les manquements qui s’observent autour de la protection de l’enfance sont une réalité. Mais la tendance est beaucoup plus de se réjouir des pourcentages positifs. A titre d’exemple, quand on dit qu’il y a 60% des enfants qui vont à l’école, il ne faut pas négliger les 40% qui n’y vont pas. “Nous venons en appui au gouvernement et la plupart de nos appuis passent par les districts sanitaires, hôpitaux et délégations. Et nous sommes en train de nous assurer que ces appuis arrivent à bon port. Souvent c’est juste un problème de logistique ou de rupture pendant un moment”, soutient-il. Il sait que tous les efforts sont entrepris de part et d’autre, particulièrement au niveau du gouvernement. “Les défis sont énormes et l’un des problèmes majeurs c’est la mobilisation des ressources et des financements”, justifie-t-il.

Pour l’initiative “Communauté amie de l’enfant”, c’est un projet pilote avec quelques villages ciblés, mais étendu à deux districts. Progressivement, le chef de bureau espère que cette initiative fera tache d’huile. La protection de l’enfance est l’activité principale de l’Unicef. “Nous sommes actifs en partenariat parce que l’Unicef n’est pas en première ligne”, souligne le chef de bureau en guise de conclusion.

La mission est conduite par Bétel Miarom, chef du département du développement des media, à la Haute autorité des media et de l’audiovisuel.

Roy Moussa