N’Djaména, 30 septembre 2026. Six mois après sa prise de fonctions, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle a présenté, devant la presse, les chantiers de la nouvelle année universitaire, placée sous le signe “discipline, excellence, solidarité, innovation et recherche”.
Dans son cabinet, le Dr Sitack Yombatina Béni a ouvert la conférence de presse par un bilan de ses six premiers mois à la tête du département. Il dit avoir parcouru le pays avec la secrétaire d’État, du Sud au Nord, “sans répit ni repos”. Recteurs, présidents d’universités, doyens, étudiants et syndicats, partenaires sociaux, partenaires techniques et financiers : tous ont été rencontrés, selon lui.
Des consultations aux décisions
Ces tournées ont permis, a expliqué le ministre, de dresser un diagnostic, de recueillir les difficultés, de consolider les acquis et de porter les recommandations. Elles ont abouti à trois journées de réflexion à N’Djaména sur la redynamisation de l’enseignement et de la formation technique et professionnelle, avec l’ensemble des acteurs. Une réunion du directoire du département, en septembre, a ensuite arrêté de grandes décisions pour le rayonnement de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Sur le plan international, le ministre a mis en avant le renouvellement de partenariats avec l’Algérie, le Maroc, la Turquie, l’Égypte, la France et la Chine, un accord avec la Libye étant annoncé prochainement. Des bourses ont été accordées pour renforcer les capacités des enseignants-chercheurs, ainsi qu’aux meilleurs bacheliers pour le Maroc. Le ministre se félicite que de nombreux défis aient été relevés et que des projets ambitieux aient été menés à terme.
Un mini-congrès scientifique à Sarh
Au-delà des jeux universitaires et des grandes manifestations culturelles et sportives prévues début 2027, le ministre a annoncé aux étudiants un mini-congrès scientifique, dans les prochaines semaines à Sarh. Il sera consacré aux valeurs académiques, éthiques et citoyennes, avec pour objectif de cultiver l’unité, la cohésion, la fraternité et la solidarité entre les étudiants, présentés comme “les leaders du 21e siècle et du Tchad de demain”.
Dix défis pour retrouver “les lettres de noblesse”
Pour redonner à l’enseignement supérieur son prestige et garantir sa qualité, le Dr Sitack a énuméré dix défis, à relever dès cette année et dans la durée. Il s’agit de : l’innovation pédagogique : de nouvelles méthodes d’enseignement, adaptées aux besoins d’emploi des étudiants ; la solidarité et l’inclusion : des dispositifs renforcés pour les étudiants en difficulté ; l’ouverture internationale : davantage de partenariats et d’échanges scientifiques ; la réussite pour tous : que chaque étudiant, quel que soit son parcours, trouve sa place et progresse vite et bien ; la normalité de l’année académique : la préserver ; la transition numérique : intégrer les outils digitaux de façon intelligente et responsable, dans les universités, instituts, grandes écoles et l’administration universitaire ; le développement durable : une démarche écologique, de la gestion des bâtiments à la sensibilisation des étudiants ; la qualité des offres de formation : curricula, enseignements, etc. ; l’harmonisation des référentiels nationaux : pour organiser des examens nationaux et mettre fin à la discrimination entre public et privé ; une agence nationale d’assurance-qualité : la mettre en place.
Les questions de la presse
Les journalistes ont interrogé le ministre sur la disponibilité des moyens financiers nécessaires à ces ambitions, la réforme du Centre national des œuvres universitaires (Cnou), le comportement des étudiants envers les usagers de la voie publique et le recrutement d’enseignants non qualifiés dans certains établissements privés. Le Dr Sitack a répondu que les dispositions utiles étaient déjà prises ou en cours pour “gagner le pari”.
Le Tchad compte plus de 100 établissements d’enseignement supérieur, publics et privés, pour plus de 2 600 enseignants et plus de 140 000 étudiants.
Nadjimbaye Dana Jonathan.
