Idriss Déby Itno est mort mais, la dictature lui survit et se renforce

La seule perspective qui en vaille la peine est celle d’une riposte collective des  travailleurs et de l’ensemble des opprimés !

algré la disparition d’Idriss Déby Itno, la dictature du Mouvement patriotique du salut (Mps) continue sous de nouvelles formes : son fils a pris sa place pour faire la même politique en s’appuyant notamment sur la même armée, qui a maintenu le pays sous sa férule trente ans durant.

La répression qui s’est abattue tout dernièrement sur des manifestants, faisant plus d’une dizaine de morts, en donne une hideuse et révoltante illustration. Il en est de même de la volonté du Conseil militaire de transition (Cmt) d’en finir avec le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (Fact), qui, pourtant, ne demande rien d’autre que de négocier en vue d’une solution pacifique.

Cependant, même si la mort d’Idriss Déby Itno ne règle aucun des problèmes majeurs auxquels les masses populaires sont confrontées, la situation actuelle n’en ouvre pas moins une nouvelle page de l’histoire du pays. On le voit notamment dans la pléthore de solutions qu’offrent les différents acteurs de la classe politique et de la société civile, en guise de perspectives pour sortir de l’impasse actuelle.

En effet, quand on observe l’échiquier politique, ce qui saute aux yeux, c’est que, pour les dirigeants du Mps, les choses ont au moins le mérite d’être claires : soutenu par les responsables du parti de son père et de sa mouvance, Mahamat Idriss Déby, le chef de la junte, qui avait pris le pouvoir par un coup d’Etat, à la suite de la mort de son géniteur, s’est imposé à la tête d’un Cmt. Ensuite, il a pondu une charte devant régir la période de transition et nommé un Premier ministre en la personne d’un ancien sous-fifre d’Idriss Déby Itno, Pahimi Padaket Albert. Celui-ci, à son tour, a formé un gouvernement dominé, pour l’essentiel, par des responsables du Mps !

Toutes ces décisions, prises unilatéralement, sans aucune concertation, montrent clairement l’intention du camp de la dictature de peser sur les événements afin de garder le pouvoir, tant pendant la période de transition qu’après, quels que soient, par ailleurs, les conditions et le déroulement des futures élections !

Une opposition divisée … loin des enjeux de l’heure …

Face à la volonté du camp de la dictature de conserver le pouvoir par tous les moyens, les partis de l’opposition, les groupes armés, comme le Fact, et les diverses organisations de la société civile n’affichent pas une même vision des choses. Beaucoup ayant leurs propres agendas, des contradictions majeures existent entre eux, notamment au niveau de leur appréciation du pouvoir né du dernier coup d’Etat. Deux des grosses pointures de l’opposition parlementaire, l’Union nationale pour le développement et le renouveau (Undr) de Saleh Kebzabo, le Parti pour les libertés et le développement (Pld) de Mahamat Ahmat Alhabo, en l’occurrence, ont reconnu ce dernier et sont allés à la soupe en entrant dans le dernier gouvernement. Un autre groupuscule politique, celui de Mahamat Lazina, a fait de même. Par contre, d’autres ont décliné l’offre à eux faite dans ce sens. C’est le cas des Transformateurs notamment et d’autres organisations politiques.

Mais, tous les partis politiques de l’opposition, – y compris ceux qui ont rejoint le camp de dictature -, comme les groupes armés ou les organisations de la société civile, qui le contestent, partagent, au moins, deux points. En effet, d’une part, ils réclament le respect de la constitution – dont s’était servi Idriss Déby Itno pour imposer sa dictature pendant trente ans -, qui stipule que, en cas de vacance de pouvoir, c’est le président de l’Assemblée nationale qui dirige la période de transition afin de préparer de futures élections dans un délai de trois mois. Aussi demandent-ils que la transition soit dirigée par un civil. Que celui-ci soit un autre larbin du dictateur Déby disparu semble ne pas les déranger outre mesure ! D’autre part, ils revendiquent également la tenue d’un dialogue inclusif, réunissant tout le monde, aussi bien le camp de la dictature, les partis politiques, les groupes armés que les organisations de la société civile, afin de décider ensemble de la marche des événements tout au long de la période de transition jusqu’aux futures élections.

Ainsi, si les intentions de Mahamat Idriss Déby Itno et des responsables du Mps ne souffrent d’aucune ambiguïté, il n’en est pas de même pour celles des différentes composantes de l’opposition, qui prétendent rejeter leur politique au nom des aspirations populaires aux libertés fondamentales et à une vie digne de notre époque. En effet, est-il vrai, comme elles le disent, qu’il est préférable que la transition soit dirigée par un civil, ancien sous-fifre d’Idriss Déby Itno, plutôt que par un autre larbin galonné de celui-ci ? Est-il vrai, comme elles le proclament, qu’un dialogue inclusif permettrait au pays de s’engager dans la voie royale d’un changement prenant en compte les aspirations à un monde meilleur des masses opprimées ? Est-il vrai, comme elles le font croire, qu’un simple changement des hommes à la tête de l’Etat, une alternance donc, améliorerait de façon notable les conditions de vie des couches populaires ?

L’art de vouloir faire du neuf avec du vieux …

L’histoire politique singulière du Tchad et celle, générale, de l’Afrique ont déjà répondu négativement à ces questions. En effet, depuis les années 90, marquées par l’avènement du multipartisme en Afrique, la plupart des crises politiques, dont de véritables révoltes populaires, ont, certes, donné naissance à des périodes de transition conduites souvent par des civils, parfois, des militaires ou même des religieux. Mais, toutes ces expériences politiques n’ont abouti qu’à de simples recompositions du paysage politique des différents pays au profit de nouvelles dictatures. Elles n’ont réglé aucun des problèmes majeurs des masses populaires, comme au Burkina Faso, au Mali, par exemple, deux pays ayant connu des transitions dirigées par des civils, – Michel Kafando, pour le premier, et Bah N’Daw, pour le second -, mais, qui se décomposent sous nos yeux, sous les coups de boutoir des bandes armées terroristes et ethniques, nées de la misère générale dans laquelle ils sombrent.

S‘il en est ainsi, c’est parce que, nulle part au monde, il n’existe d’Etat, avec un domaine purement politique et un autre, essentiellement militaire, les deux séparés par une cloison étanche ! Bien au contraire ! Partout, les deux éléments, le politique et le militaire, sont intimement liés et mis au service de la politique du pouvoir en vigueur. Dans ces conditions, si on veut que le choses changent réellement, réclamer le respect de la constitution, comme exiger qu’un des larbins civils du dictateur disparu dirige la transition, à la place d’un de ses sous-fifres militaires, n’a pas de sens : ces derniers sont l’un comme l’autre des fidèles serviteurs de la dictature depuis des décennies ! Oui, aussi civils qu’ils soient, que pourrait-on attendre, par exemple, d’un Haroun Kabadi, le président de l’Assemblée d’Idriss Déby Itno, ou d’un Moussa Kadam, son vice-président ? Quoi d’autre pourraient faire ces serviteurs zélés du dictateur disparu, à part le fait de chercher à renforcer le pouvoir actuel, d’être aux ordres de Mahamat Idriss Déby et de l’armée, sur laquelle ce dernier s’appuie ?

Le dialogue inclusif que l’opposition, toutes tendances confondues, appelle de tous ses vœux et présente comme une potion magique susceptible de guérir le pays de tous ses maux est aussi, en réalité, un piège pour les masses opprimées ! En effet, si cette perspective se réalise, comme la conférence dite nationale de 1993, elle n’échappera pas au sort d’être un simple rendez-vous au sommet de la classe dirigeante actuelle : le camp de la dictature, bien sûr, les partis politiques de l’opposition, les groupes armés et les organisations de la société civile. Mais, la majorité des participants sera constituée par les mêmes politiciens et autres chefs de guerre qui, comme larbins d’Hissène Habré ou d’Idriss Déby Itno ou même des deux, ont tous, depuis des années, participé, à la tête de l’Etat, au processus politique qui a conduit à l’impasse actuelle. Alors, que pourra-t-on en espérer d’autre qui ne soit déjà connu ? Malgré la présence de quelques âmes généreuses, qui parleront de liberté, de démocratie, de justice, etc., ce seront le camp de la dictature et celui de son opposition politique classique, qui, s’appuyant sur le rapport des forces en leur faveur, décideront des résolutions finales dudit dialogue. Gens d’un même monde, défendant rigoureusement les mêmes intérêts, ceux de l’impérialisme français et ses différents valets locaux, ils pourront ainsi s’entendre autour d’un simple toilettage du régime actuel, par le biais de quelques mesures satisfaisant les intérêts des uns et des autres, mais à mille lieues des préoccupations, tant politiques que sociales, des couches populaires : celles-ci continueront à être écrasées sous la férule de la dictature et étranglées par la misère !

 

Les masses opprimées ne peuvent compter que sur elles-mêmes et sur leurs propres luttes …

Ce n’est pas non plus une alternance quelconque, chère à certains de nos politiciens, qui permettra de résoudre les problèmes des couches populaires : le sort de ces dernières ne se résout pas dans les urnes ! Toutes les expériences d’élections qui ont eu lieu dans le pays, sous le parapluie de l’armée actuelle, le prouvent amplement. Elles n’ont réglé aucun des problèmes majeurs des masses populaires. Elles ont plutôt servi d’alibi pour renforcer la dictature et faire sombrer la société dans la misère. Par conséquent, dans les conditions politiques actuelles, avec le même Etat, la même armée, la même administration, même si de nouvelles élections ont lieu après la période de transition, pour les masses populaires, sans aucun doute, rien ne changera : quels qu’en soient les résultats, ce sera toujours la misère, les maladies, les privations de toutes sortes et la chape de plomb de la dictature étouffant jusqu’aux libertés les plus élémentaires, comme le fait exactement Mahamat Idriss Déby Itno, en réprimant lourdement les manifestations, suivant ainsi fidèlement les traces de son père. Par ailleurs, même si, par miracle, un autre politicien de l’opposition, Succès Masra, par exemple, remporte les futures élections, cela ne changera rien dans les conditions de vie des masses populaires : nulle part dans le monde, un simple changement des politiciens au pouvoir par d’autres ne règle le sort des couches populaires. Il suffit de voir ce qui … se passe dans certains pays africains, tels que le Bénin, le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, qui ont connu des alternances, pour s’en convaincre : les riches y deviennent de plus en plus riches alors que les pauvres s’enfoncent de plus en plus dans la misère et la dictature. Il en est de même pour les pays développés, comme la France, où le phénomène des Gilets jaunes symbolise à la fois une profonde dégradation des conditions de vie des couches populaires, mais aussi, le fait que la démocratie des riches est une dictature pour les pauvres !

Par conséquent, pour sortir de la situation actuelle, la solution n’est dans aucune des différentes choses qu’agite et propose la classe politique – un civil à la tête d’une transition sous le contrôle de l’armée au pouvoir, un dialogue avec la dictature, des élections -, car, pour les couches populaires, toutes ces perspectives ne conduiront qu’à une nouvelle impasse ! Aussi, pour leur émancipation du joug de la dictature et de la misère, celles-ci ne peuvent-elles compter que sur elles-mêmes, sur leurs propres luttes, avec leurs propres armes : la mobilisation, la grève, les manifestations, la rue ! Seule donc une riposte collective des travailleurs et de l’ensemble des opprimés en vue d’imposer eux-mêmes les changements nécessaires, conformes à leurs aspirations, tant sociales que politiques, pourrait permettre de faire plier la dictature. Mais rien n’est automatique ! Pour cela, il faudrait une politique !

Wakit tama ! L’heure a sonné, en effet, mais pour une mobilisation générale, populaire, contre la dictature !

Comme son père et ses partisans, Mahamat Idriss Déby et son gouvernement ne changeront de politique et ne tiendront compte des revendications populaires que forcés et contraints. On l’a vu tout dernièrement dans la répression sauvage de la manifestation du 8 mai, alors que celle-ci avait été initialement autorisée. Par conséquent, la seule perspective, capable de faire plier la dictature et l’amener à satisfaire les revendications populaires, à respecter le droit à la vie des masses opprimées, est celle d’un mouvement d’ensemble, d’une mobilisation générale de tous les travailleurs du pays, du public et du privé, qui unifierait les salariés de l’Education nationale à ceux de la Compagnie sucrière du Tchad (Cst), ceux de la Santé à ceux de la Coton Tchad, ceux de l’Energie à ceux du Transport, ceux des Banques à ceux du Bâtiment, ceux de la Poste et Télécommunication à ceux du Commerce, ceux du Pétrole et des Mines à ceux de l’Information et de l’Audiovisuel, ceux des Assurances à ceux de la Culture, mais aussi les actifs et les chômeurs, les précaires et les retraités, les licenciés, etc.,  dans une riposte collective contre la politique du pouvoir, car, quels que soient les secteurs d’activité, la catégorie et le statut des uns des autres, tous les travailleurs ont les mêmes intérêts et les mêmes ennemis, en l’occurrence, l’Etat, au-dessus duquel trône Mahamat Idriss Déby, et le patronat !

Cette mobilisation générale des travailleurs aurait intérêt à se transformer en un vaste et profond “tous ensemble” en s’ouvrant à d’autres catégories de la population qui, à un niveau ou à un autre, souffrent de la misère et de la dictature, comme eux : aux associations des droits de l’homme, des journalistes, des femmes, des jeunes, des étudiants, des élèves, des consommateurs, aux associations culturelles, à celles des artisans, des petits commerçants, des paysans pauvres et d’autres. A part le Mps et ses alliés, bien sûr, les organisations ou les militants politiques qui le désireraient pourraient aussi participer à cette mobilisation, à condition, toutefois, qu’ils se mettent au service des luttes et des revendications des masses laborieuses et non qu’ils en prennent la tête : c’est aux travailleurs et les autres couches opprimées de diriger eux-mêmes leurs combats en choisissant et contrôlant leurs propres représentants. Ils ne doivent se mettre à la remorque de personne, en tout cas, pas derrière des politiciens opportunistes qui, à la moindre occasion, les trahiront !

Toute cette mobilisation devrait s’organiser autour d’une plateforme revendicative, une sorte de plan d’urgence, d’intérêt public. Chaque syndicat, association, organisation participant à la riposte collective proposerait ses propres revendications. Celles-ci devraient être regroupées et discutées par l’ensemble des parties prenantes dans le but de dresser une plateforme de revendications, qui comprendraient les exigences essentielles des masses laborieuses face à la cherté de la vie, dont les plus importantes, pouvant fédérer tout le monde, seraient, par exemple : une augmentation conséquente des salaires, tant du public que du privé, du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic), des allocations de chômage, des pensions de retraite, des bourses, instituées comme un droit pour tout étudiant, l’embauche de tous les contractuels, des précaires et des diplômés chômeurs, dans le public comme dans le privé, notamment dans les secteurs essentiels, l’Education, la Santé, mais aussi, une baisse importante des prix des produits et des articles de première nécessité, de l’eau, de l’électricité, du pétrole, de l’essence, du gaz, des prix du transport, des impôts, des loyers, la gratuité effective  de l’éducation et des soins dans le public, la construction de logements sociaux, la défense et la jouissance des droits démocratiques élémentaires, de réunion, d’expression, d’organisation, de manifestation, sans aucune menace ou entrave de la part du pouvoir, la rupture du cordon ombilical qui lie les médias publics, la radio et la télévision notamment, au pouvoir du Mps, afin que celles-ci s’émancipent du joug de ce dernier et favorisent l’expression libre de toutes les sensibilités politiques, etc.

La liste des revendications qu’on pourrait considérer comme prioritaires ne saurait, évidemment, être exhaustive. Elle devrait aussi prendre en considération d’autres problèmes spécifiques que rencontre telle ou telle catégorie sociale ou profession. Afin qu’il soit le socle solide de la mobilisation générale des travailleurs et de l’ensemble des opprimés qui souffrent de la politique du pouvoir, le plan d’urgence d’intérêt public devrait être l’expression des attentes communes et essentielles de ces derniers, mais aussi, celle des aspirations réelles et particulières de certains d’entre eux. Il devrait en somme être le reflet de toutes les revendications vitales des masses opprimées, en passant en revue tous les problèmes fondamentaux que ces dernières rencontrent, sans oublier les autres aspects de la vie sociale et économique marquée par des injustices, des abus, des arrestations arbitraires, des assassinats, le pillage des fonds publics, la corruption, les humiliations de toutes sortes, les brutalités policières, qui sont devenus des mœurs courantes depuis bientôt trente ans que le pays se trouve placé sous  la férule de la dictature du Mps.

Ni la peste des uns, ni le choléra des autres, mais, l’amplification des grèves, des manifestations, des luttes multiformes ! …

Par conséquent, c’est de cette perspective-là que les responsables de Wakit tama, qui organisent les grèves et les manifestations contre le pouvoir, devraient s’emparer et  discuter, dès maintenant, dans les entreprises, mais aussi, dans les bureaux, les écoles, les lycées, les universités, les chantiers, les ateliers, les gares, les marchés, les quartiers, les villages, etc.,  dans le but clairement affiché de préparer, dans les jours et les mois à venir, une grève générale et des manifestations monstres en vue de paralyser le pays au nom du droit à la vie des populations pauvres étranglées par la misère et écrasées sous la férule de la dictature. Les discussions devraient s’accompagner de la tenue d’assemblées générales décidant des revendications des uns et des autres, mais aussi, de la création de comités de coordination des luttes et de liaisons entre travailleurs du public et du privé, entre une entreprise d’un secteur donné et une autre spécialisée dans une activité différente, entre organisations syndicales et celles des femmes, des jeunes, des chômeurs ou de défense des droits de l’homme, afin d’aboutir à des coordinations dans chaque quartier, chaque ville, qu’il faudrait fédérer à l’échelle nationale.

Voici l’enjeu ! Il est de taille, certes, mais c’est le seul qui en vaille la peine pour empêcher que la société continue à sombrer dans la misère et la dictature ! Mais, vu la profonde colère qui gronde dans le pays, il est aussi à portée de main ! Car, dans le bras de fer actuel entre Wakit tama et la dictature du Mps, rien n’est joué d’avance. La page de l’histoire qui vient de s’ouvrir reste vierge pour tout le monde. Par conséquent, si les travailleurs et les masses opprimées en lutte sont conscients de la force qu’ils constituent, s’ils ont l’ambition d’aller jusqu’au bout, ils ont largement les moyens de la remplir à leur manière ! Oui, si les responsables de Wakit tama opposent à la politique du pouvoir, de façon méthodique et organisée, une politique qui mette en avant des objectifs sur lesquels les masses opprimées pourraient être d’accord parce que reflétant les intérêts communs de tous, comme le droit au travail pour tous, le droit de s’alimenter, de se soigner, de s’instruire, d’accéder à une culture moderne, le droit aux libertés fondamentales, bref, le droit à la vie tout simplement, en vue de construire une riposte collective pour faire plier le pouvoir, cette tâche n’est pas impossible du tout !

Espérons alors que dans la situation actuelle où l’on voit s’instaurer un climat de politisation, marqué par un rejet de plus en plus fort de la dictature, il y aura des femmes et des hommes qui émergeront pour aider les travailleurs et l’ensemble des opprimés à organiser méthodiquement cette riposte collective, seul moyen qui puisse leur permettre d’inverser le rapport des forces et d’imposer les changements nécessaires conformes à leurs aspirations, tant sociales que politiques. Par conséquent, pour ceux qui ne veulent pas se contenter d’un simple ravalement de façade de la dictature, sous la forme d’un remplacement d’Idriss Déby Itno par l’un de ses fils ou d’une négociation entre celui-là et ses opposants, mais, qui veulent que les choses changent réellement, que les conditions de vie des masses populaires changent et que celles-ci accèdent aux libertés essentielles,  pour les intellectuels, les étudiants, les élèves, révoltés, qui ne craignent pas la volonté populaire, dont l’ambition n’est pas d’être de futurs notables ou larbins au service d’un potentat, militaire ou civil, eh bien, la tâche, c’est d’aider à la construction de cette riposte collective des travailleurs et de l’ensemble des opprimés, seul moyen pour faire reculer la dictature et tracer le chemin vers un avenir meilleur et des possibilités supérieures.

 Ali Mohamed Abali Marangabi