La 4ᵉ Conférence panafricaine sur la gouvernance des semences, couplée avec la 4ᵉ édition de la Foire des semences paysannes, sont lancées ce mardi 2 juin par le secrétaire général du ministère de la Production et de l’Industrialisation agricole, Moubarack Abakar Roubo à N’Djamena. Elles sont organisées par l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA) en collaboration avec SWISSAID et la Plateforme d’échanges et de promotion de l’agriculture familiale au Tchad (PEPAF Tchad).
Des organisations d’agriculteurs, de la société civile, des avocats spécialisés dans l’environnement et droits de l’homme, des représentants des collectivités locales, des instituts nationaux de recherche agricole, etc. Venus des pays d’Afrique, d’Europe et d’Asie pour ce grand rendez-vous d’échanges autour de la semence, organisée par l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA) en collaboration avec SWISSAID et la Plateforme d’échanges et de promotion de l’agriculture familiale au Tchad (PEPAF Tchad) ici à N’Djamena.
Pour le représentant de Swissaid Tchad, Ngardouel Mbaïnaïkou Olivier, au cœur des systèmes alimentaires, la semence est bien plus qu’un simple intragricole mais constitue le premier maillon de la chaîne de production alimentaire, le patrimoine vivant des communautés rurales et le fondement même de la souveraineté alimentaire.
Selon lui, sans semence adaptée, diversifiée, accessible et contrôlée par les producteurs eux-mêmes, il ne peut y avoir ni sécurité alimentaire, durable, ni résilience face au changement climatique, ni développement agricole inclusif. « Les semences paysannes, fruit de génération, de sélection, d’innovation et de conservation par les communautés agricoles, jouent un rôle essentiel dans la préservation de la biodiversité, l’adaptation au changement climatique et aux conditions agroécologiques locales et la promotion d’une agriculture durable. Elle représente des identités culturelles, des identités communautaires, mais, également un levier fondamental pour renforcer lautonomie des producteurs vis-à-vis des systèmes extérieurs de production secondaire », informe-t-il. C’est pourquoi, selon lui, cette rencontre vise à renforcer le dialogue entre les différents acteurs afin de transposer la voix courageuse tracée par l’Union africaine pour inclure les semences paysannes dans les politiques publiques.
Lançant officiellement ces assises, le secrétaire général du ministère de la Production et de l’Industrialisation agricole, Moubarack Abakar Roubo, a fait comprendre que l’Afrique doit renforcer sa souveraineté semencière parce qu’une grande partie de sa population dépend d’activités agricoles et plus de 80 % des semences utilisées sont issues des exploitations agricoles familiales, des agriculteurs et des paysans des semences adaptées à leur réalité agroécologique et socioculturelle. « Le Tchad demeure donc convaincu qu’aucune transformation agricole durable ne saurait être envisagée dans la protection de la biodiversité agricole sans la valorisation de savoir paysan et sans aucun soutien après le système semencier, géré par les producteurs eux-mêmes », rappelle-t-il.
La 4e Conférence panafricaine sur la gouvernance des semences, couplée avec la 4e édition de la Foire des semences paysannes placée sous le thème : «Semences paysannes, agroécologie et souveraineté alimentaire : vers une reconnaissance institutionnelle au Tchad» qui durera du 2 au 4 juin, les participant(e)s adopteront un document de positionnement commun, assorti d’une feuille de route stratégique de la société civile africaine sur la mise en œuvre de la politique relative aux Systèmes semencières paysans (Ssp) aux niveaux nationaux, sous régional et continental.
