Faire de l’eau un levier de développement

Lors de la cérémonie d’ouverture du Forum africain de l’eau à N’Djamena ce 15 juillet 2026, le président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, et la directrice générale des opérations de la Banque mondiale, Anna Bjerde, ont lancé un appel en faveur d’une transformation de la gouvernance de l’eau en Afrique.

Pour eux, l’eau ne doit plus être perçue uniquement comme une ressource naturelle, mais comme un moteur de croissance économique, de création d’emplois et de résilience face aux changements climatiques. Dans une tribune conjointe, les deux responsables soulignent que le continent dispose d’importantes ressources hydriques. Le véritable défi réside, selon eux, dans l’insuffisance des infrastructures, des financements et des mécanismes de gouvernance permettant de valoriser ce potentiel. Ils rappellent que plus de 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à une eau potable sûre, tandis que plus de 700 millions demeurent privés de services d’assainissement de base. Les auteurs mettent également en avant l’importance des grands bassins fluviaux africains, tels que le Nil, le Congo, le Niger, le Chari, le Logone ou encore le lac Tchad, estimant qu’une gestion concertée de ces ressources pourrait stimuler l’agriculture, l’industrie, le tourisme et renforcer la sécurité alimentaire sur le continent. Le président tchadien et la responsable de la Banque mondiale plaident ainsi pour une approche intégrée reposant sur trois priorités à savoir l’élaboration de stratégies nationales de gestion de l’eau, la mobilisation de financements publics et privés à grande échelle, ainsi que le renforcement de la coopération régionale autour des ressources hydriques transfrontalières. S’agissant du Tchad, ils rappellent que le recul du lac Tchad exerce une pression croissante sur les populations et les écosystèmes, rendant indispensable une action collective entre les États riverains. Prenant également la parole, le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a indiqué que le Gabon fait face, depuis 2014, à une pénurie d’eau qui a contraint les autorités à en réglementer l’usage (état d’urgence hydrique depuis le premier semestre de 2026). Pour lui, cette situation met en lumière la vulnérabilité de l’Afrique, dont l’immense potentiel hydrique demeure largement sous-exploité faute d’investissements et d’une gouvernance adaptée. À travers l’initiative Water Forward, la Banque mondiale ambitionne notamment d’améliorer la sécurité hydrique de plus d’un milliard de personnes d’ici à 2030, tout en faisant de l’eau un facteur de développement économique durable.

 

Laisser un commentaire