Le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a marqué les esprits lors du Forum africain de l’eau de N’Djamena par un discours particulièrement offensif sur le financement des infrastructures hydrauliques en Afrique. Sans détour, il a estimé que les difficultés d’accès à l’eau sur le continent ne résultent pas d’un manque de ressources, mais avant tout d’une défaillance de la gouvernance publique.
Pour le chef de l’État gabonais, garantir l’accès à l’eau est une responsabilité qui incombe aux États africains. Il a regretté que, malgré l’abondance des ressources hydriques, une grande partie de la population demeure privée de ce service essentiel, faute de politiques publiques efficaces. Brice Clotaire Oligui Nguema s’en est également pris aux mécanismes de financement internationaux. Selon lui, les projets africains ne devraient plus dépendre systématiquement des bailleurs occidentaux, dont les concours financiers s’accompagnent souvent de conditionnalités jugées contraignantes. « Trop souvent, les financements extérieurs, qui proviennent des banques occidentales ou de bailleurs internationaux, s’accompagnent de contraintes qui dépassent le cadre financier. Ils nous imposent leurs entreprises, leurs techniciens, alors même que nos ressources humaines et compétences locales sont parfaitement capables de mener ces projets« , a-t-il déclaré. Le président gabonais a ainsi plaidé pour une plus grande mobilisation des ressources financières africaines, appelant les banques du continent à assumer pleinement leur rôle dans le financement des projets structurants. Selon lui, l’Afrique dispose des capacités nécessaires pour investir elle-même dans son développement, sans dépendre systématiquement des partenaires extérieurs. Cette prise de position, en faveur d’une plus grande souveraineté financière et d’une valorisation des compétences locales, a été chaleureusement saluée par l’assistance, qui lui a réservé une longue salve d’applaudissements.
