“Mémoire d’une représentante de la Fao” complète le titre d’un ouvrage (récit-témoignage) 202 pages, paru aux éditions L’Harmattan en mai 2026, dont l’autrice est Mariam Mahamat Nour.
Un 2e ouvrage qui prolonge le premier (récit autobiographique), mais cette fois-ci met au cœur, la question des défis du développement de l’Afrique, sous le prisme des trois leviers que sont l’agriculture, l’élevage et la pêche. Ce qui explique la priorité accordée aux trois acteurs et actrices des secteurs cités ci-haut, dans la préséance de la partie dédicace qui ouvre le livre, après ses parents qui en font également partie. Hommages étendus aux acteurs des trois pays notamment, le Mali, la Mauritanie et le Togo, dans lesquels pendant 14 années, Mariam Mahamat Nour a occupé le poste de représentante de la Fao.
Le livre fait la part belle aux expériences de terrain diverses, dont elle témoigne loin des salons douillets et feutrés, qui concentrent les grandes théories et discours stéréotypés, entre les salamalecs et le paraître, et qui proposent des solutions virtuelles pour le développement de l’Afrique. Ses immersions au cœur des activités de développement de ces trois secteurs dont elle témoigne, mettent au grand jour les similitudes dans les démarches et la résilience dont font montre ces acteurs, face aux mêmes défis auxquels ils sont confrontés. Notamment, le développement rural et la sécurité alimentaire. La structuration du livre facilite la compréhension de ces problématiques, des enjeux, défis et opportunités, du développement rural et la sécurité alimentaire en Afrique, base de tout développement.
Le livre se subdivise en 7 grandes parties, outre la dédicace, les remerciements, la liste des sigles, abréviations et terminologies, la préface, l’avant-propos et l’introduction. La problématique du développement rural et de la sécurité alimentaire en Afrique, ouvre la première grande partie et définit le contexte de cette production livresque. Elle est suivie des parties 2 et 3, consacrées respectivement à la brève présentation de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), ainsi que son entrée au sein de cette institution onusienne. Son imprégnation du système des Nations unies et de ses agences spécialisées est contenue dans la partie 4, relative à son stage d’immersion au siège de la Fao à Rome (Italie) et au bureau régional de la Fao pour l’Afrique à Accra (Ghana).
Quand les réalités de terrains enseignent
Bien outillée et ses capacités renforcées, Mariam Mahamat Nour est lâchée sur le terrain. Elle va successivement occuper les postes de Représentante pays de la Fao, d’abord au Togo pendant 3 ans et 4 mois, ensuite au Mali durant presque 8 ans et enfin en Mauritanie 2 ans et 9 mois. Ce dont elle témoigne avec des détails précis, dans les parties 5, 6 et 7. Et qui font ressortir les éléments comparatifs dans la conduite des activités de terrain dans les trois pays, relatifs aux secteurs de l’agriculture, l’élevage et la pêche. En tenant compte de chaque contexte propre aux pays, sans occulter la problématique de la standardisation des concepts clés en main de développement, conçus par les décideurs internationaux avec la bénédiction des gouvernants africains, en dehors des acteurs de terrain. Ce qu’elle démontre à partir des exemples précis observés, d’un pays à un autre.
La culture au cœur de tout développement
“La culture est au début et à la fin de tout développement”, disait feu Léopold Sédar Senghor (Poète et premier Président du Sénégal). Voilà une assertion qui transparaît dans les conclusions tirées de ses 14 ans d’enseignement, qui se sont imposés à l’autrice, à travers les trois grandes parties, entre expériences de terrain, gestion de la vie familiale et professionnelle. Mariam Mahamat Nour en fait mention en 8 points, qui ressortent les “Bonnes pratiques” retenues dans la conclusion, qui ici sont de véritables plaidoyers, des modèles et exemples à dupliquer. Elle note au point 6 des conclusions, relatif à l’organisation de façon participative et inclusive des festivals : “Au Mali et en Mauritanie, l’organisation des festivals est l’affaire de tout le monde et non l’affaire d’une ethnie. Ces festivals qui sont un patrimoine national, permettent aux différents groupes ethniques de mieux se connaître et être fiers de leurs cultures, si riches. Ces festivals sont des moments de brassage entre compatriotes et aussi avec des festivaliers qui viennent du monde entier”, observe-t-elle. L’on comprend aisément pourquoi elle choisit d’illustrer la Une de son livre par l’image d’un objet culturel d’une très grande valeur. Le masque Ciwara du Mali, qui récompense en milieu Bambara, les plus grands travailleurs dans tous les domaines de la vie (tel que décrit dans le livre à la page 6).
Pour postfacer l’ouvrage, notre compatriote Noël Nétonon Ndjékéry, écrivain de renom, écrit : “Le livre que vous lisez en ce moment reflète nombre de trait de caractère que j’apprécie chez son autrice Mariam Mahamat Nour : un sens profond de la famille et de l’amitié, une rigueur intellectuelle et morale à toute épreuve, un souci permanent de l’excellence, une humilité teintée d’un humanisme à fleur de regard et, pour faire court, un potentiel de résilience que maintes épreuves ne parviennent à remplir avec tant de panache, les lourdes charges qui lui ont été confiées durant ses 14 années au service de la “diplomatie du développement” (…) Mariam a emprunté une voie très peu explorée par les hauts fonctionnaires de l’administration tchadienne, tous genres confondus, à savoir l’exercice exigeant, mais combien édifiant de l’autobiographie. Cela vaut la peine d’être souligné, car nos États subsahariens souffrent aussi d’un manque chronique de transmission de connaissances entre génération (…)”. Ce qui est tout à l’honneur de l’autrice Mariam Mahamat Nour.
Roy Moussa
