L’Assemblée nationale a ouvert sa 2e session ordinaire de l’année, ce 1er septembre 2026, ponctuée par le discours de son président Ali Kolotou Tchaïmi. En présence du Premier ministre et de son gouvernement, des présidents des grandes institutions et des ambassadeurs accrédités au Tchad.
Du discours du Président Ali Kolotou Tchaïmi, c’est qu’outre l’examen des textes soumis à l’appréciation des députés, notamment la ratification des ordonnances adoptées par le gouvernement pendant l’intersession, cette 2e session ordinaire “sera principalement marquée par l’examen du projet de loi de finances, portant budget général de l’État pour l’exercice 2027. Nous devons aborder cet examen crucial avec responsabilité et dans un esprit constructif, en étroite concertation avec le gouvernement. Notre devoir sera de veiller à ce que le budget de l’État traduise fidèlement les hautes orientations données par le chef de l’État, en matière de l’amélioration des conditions de vie de nos populations, de l’accès aux services essentiels, de l’emploi des jeunes, du désenclavement, de la décentralisation et de la bonne gouvernance”. Les députés doivent donc s’attendre probablement à gober des ordonnances, sans rechigner comme d’habitude.
Un Code d’éthique et de déontologie des députés en vue
Les sorties de certains députés sur les réseaux sociaux ne semblent pas être du goût du Président Ali Kolotou, qui appelle à l’attention collective la rigueur et la mesure qui doivent caractériser la parole publique du parlementaire, particulièrement sur l’espace numérique et les réseaux sociaux. “La liberté de parole attachée à notre mandat est essentielle à la vitalité démocratique ; elle doit cependant s’exercer avec responsabilité, éthique et respect des personnes et des Institutions. En effet, notre Constitution, en son article 154, offre un éventail complet des moyens d’information et de contrôle : interpellations, questions écrites et orales, questions d’actualité, commissions d’enquête, motions de censure et évaluations des politiques publiques”, rappelle-t-il.
C’est dans le cadre structuré de ces canaux constitutionnels et règlementaires, ajoute-t-il, que la parole parlementaire déploie toute sa force législative et sa puissance politique. Dans le même esprit, et conformément à l’article 103 du Règlement intérieur aux députés, le Bureau de l’assemblée nationale engagera dans les jours à venir, le renforcement de son cadre de conduite parlementaire, à commencer par l’élaboration d’un Code d’éthique et de déontologie des députés. “Il ne s’agit nullement de restreindre la liberté du parlementaire, ni d’affaiblir le contrôle de l’action gouvernementale. Il s’agit plutôt, de mieux concilier la liberté du mandat avec la responsabilité qui l’accompagne. La liberté du mandat est une garantie de la démocratie ; la responsabilité de la parole en est le corollaire. Préservons l’une et assumons pleinement l’autre”, exhorte-t-il ses collègues. Beaucoup d’entre eux se reconnaîtront dans cette démarche qui s’apparente à une censure souple.
Dans son mot de fin avant de lever la séance, Ali Kolotou Tchaïmi déplore d’être informé par les mêmes réseaux sociaux, que les journalistes accrédités à l’Assemblée nationale, n’ont pas perçu leurs frais de déplacement depuis longtemps. Il informe solennellement à ses services concernés, de prendre les dispositions afin que ceux-ci entrent dans leur droit. “Je ne veux pas avoir des problèmes avec les journalistes”, a-t-il lâché avant le coup de marteau qui lève la séance.
Roy Moussa
