C’est ce qui ressort de la conférence de presse animée le 30 octobre 2025, par les représentants des 3 plateformes artistiques et culturelles tchadiennes, notamment la Conat, la Ccat et l’Unocat. Une conférence relative au versement des redevances des droits d’auteur par l’Office national des médias audiovisuels (Onama), assortie d’un ultimatum.
Masngar Jonas Massengo de la Coordination des artistes du Tchad (Conat), Allamine Kader Kora de la Coordination des clubs des artistes tchadiens (Ccat) et Dounia Tog-yangar de l’Union des organisations culturelles et artistiques du Tchad (Unocat), ont informé l’opinion nationale, internationale et particulièrement les artistes sociétaires du Bureau tchadien des droits d’auteur (Butdra), des différentes démarches entreprises conjointement avec le Butdra auprès de l’Onama pour recouvrer les redevances dues au titre des droits d’auteur, non versées de 2020 à 2025, et qui s’élèvent à 179 millions francs CFA. Tout en rappelant à l’Onama, que l’institution a volontairement scellé un protocole d’accord avec le Butdra, sur un montant forfaitaire de 40 millions francs CFA à verser annuellement au titre de redevance des droits d’auteur.
Des démarches conjointes ont permis de rencontrer à la fois trois ministres : celui des Finances, de la Culture et de la Communication, qui se sont investis, disent-ils, ainsi que la rencontre avec le Dg de l’Onama qui a promis éponger ces arriérés dans un bref délai. Ils se disent étonnés et surpris qu’en date du 22 octobre 2025, l’Onama contre toute attente, a versé au Butdra la somme de 40 millions francs CFA qui ne représente même pas le quart du montant total (190 millions francs CFA), s’offusquent-ils. “Malgré les instructions données par son ministre de tutelle après la rencontre avec ses deux collègues, la grande question est de savoir pourquoi le Dg de l’Onama foule au pied les instructions de son ministre ?”, se sont-ils interrogés. Ils ne comprennent pas pourquoi, le Dg de l’Onama rechigne à verser l’intégralité des arriérés à redistribuer aux artistes et hommes de culture.
Les trois mousquetaires informent avoir saisi par courrier le ministre de la Communication, avec ampliation au Premier ministre, ainsi qu’aux ministres des Finances et de la Culture, afin qu’ils instruisent le Dg de l’Onama de verser dans un délai d’une semaine franc, le montant restant pour éviter des actions de revendication prévues par les artistes. Ils soutiennent qu’ils ne peuvent plus contenir la colère des artistes qui couve, face au comportement de l’Onama.
Discrimination dans le paiement
Pour ces derniers, il est question de réparer une injustice, car rappellent-ils au Dg de l’Onama, l’institution est composée de deux catégories de personnel. La première : du personnel administratif, des journalistes, animateurs, techniciens et personnel d’appui et la deuxième catégorie : celle des artistes.
“ (…) Le personnel de la 1e catégorie est payé régulièrement chaque fin de mois et considéré à tort comme des privilégiés, au détriment de la 2e dont les œuvres maintiennent virtuellement et de manière continue, les antennes de la radio et télévision nationale, même aux heures où le personnel de la première catégorie est au repos (…) Ces redevances constituent le salaire également des artistes, au même titre que ceux que perçoivent le personnel de l’Onama. Et tout salaire y compris celui des artistes revêt un caractère légitime, social et sacré (…)”, font-ils remarquer. Massengo et ses deux collègues ajoutent encore à l’attention du Dg de l’Onama, que les dispositions de l’arrêté 28 du 5 juillet 2016, portant tarification des droits d’exploitation contraint tous les organismes utilisateurs des œuvres littéraires et artistiques, à verser annuellement au Butdra, les 6% de leur budget annuel. Ce qui, jusque-là, n’a pas encore été appliqué, ont-ils laissé planer comme une épée de Damoclès. Loin d’être un acharnement, poursuivent-ils, c’est parce qu’aujourd’hui l’usager en matière des droits d’auteur qui paie le plus gros montant demeure l’Onama, et c’est parce que le Butdra a du mal à mener seul la démarche de recouvrement qu’il a sollicité leur appui. Mais que ce n’est point leur mission d’effectuer des recouvrements en lieu et place du Butdra. “Notre rôle au niveau des trois plateformes, est d’accompagner le Butdra, s’il nous sollicite, pour l’appuyer. Nous n’empiétons pas sur ses prérogatives”, a précisé le trio.
Un observateur fait remarquer que c’est une grande première de voir les trois plateformes, la Conat, l’Unocat et la Ccat faire front commun. Alors que des priorités et grands défis demeurent pour le secteur artistique et culturel.
Roy Moussa
