Mise au point du Système des nations unies au Tchad

Dr François Batalingaya, le Coordonnateur résident du système des Nations unies au Tchad, et coordonnateur humanitaire (Rc/hc), à travers un communiqué de presse en date du 17 juin 2026, a fait une mise au point sur les allégations d’exploitation et abus sexuels (Eas), rapportées par l’Associated Press (AP News) le 12 juin 2026, concernant des opérations humanitaires à l’Est du Tchad.

Le Coordonnateur résident exprime sa vive préoccupation face à ces allégations relayées par l’article de AP News publié le 12 juin 2026, concernant des opérations humanitaires incluant Médecins sans frontières (Msf) dans l’Est du pays. Ces allégations, souligne-t-il, « sont prises avec le plus grand sérieux. Toute forme d’exploitation et d’abus sexuels est inacceptable et constitue une violation grave des principes humanitaires ainsi que des droits fondamentaux des personnes assistées. La protection des populations demeure une priorité absolue pour l’ensemble de la communauté humanitaire au Tchad ». Il rappelle toutefois, que les faits évoqués s’inscrivent dans un  marqué depuis 2024, par le renforcement significatif des mécanismes inter-agences de Prévention de l’exploitation et des abus sexuels (Psea). Ces améliorations ont permis une bonne détection, documentation et traitement des cas, mettant en lumière des situations qui, auparavant, restaient largement sous-déclarées. L’augmentation du nombre de cas signalés reflète ainsi en grande partie, une bonne capacité du dispositif de prévention, de l’exploitation contre les abus et exploitations sexuelles inter-organisations à identifier et enregistrer les incidents, ainsi qu’une confiance améliorée des communautés envers les mécanismes de plainte. Il salue les efforts déployés par Msf, pour traiter ces allégations et renforcer ses dispositifs internes de protection et de redevabilité. Ces mesures, annonce-t-il, s’inscrivent dans les standards et procédures du système humanitaire international, et que les alertes issues des médias, y compris celles d’AP News, sont reconnues comme des sources de signalement valides, dans le cadre des procédures inter-agences en vigueur au Tchad.

Des mécanismes de coordination renforcés au niveau sous-national et national existent

Depuis la première publication de ces allégations en novembre 2024, rappelle Dr François Batalingaya, une réponse collective, coordonnée et proportionnée a été engagée, sous le leadership du Coordonnateur Humanitaire. « Plus de 30 organisations humanitaires sont mobilisées à travers des task forces de prévention, de l’exploitation contre les abus et exploitations sexuelles dans les provinces du Wadi-Fira, du Sila et du Ouaddaï, ainsi que des mécanismes de coordination renforcés au niveau sous-national et national ».

Des progrès importants ont été réalisés, notamment : « le renforcement des réseaux et des capacités techniques de prévention des risques de l’exploitation et des abus sexuels ; l’amélioration de l’accessibilité et de la sensibilité des mécanismes de plainte quoique insuffisantes ; l’intégration de la Prévention contre les abus et exploitations sexuels comme priorité transversale dans les cadres stratégiques et programmes humanitaires et de développement ; l’introduction d’exigences minimales obligatoires d’allocation budgétaire en matière de prévention, de sensibilisation, d’assistance aux survivants et de gestion des plaintes et monitoring systématique des risques dans tous les projets.

 

Des défis importants persistent

Malgré ces avancées, des défis importants persistent, admet-il, notamment en matière de prévention à base communautaire, d’accès à des services de qualité pour les survivants, de couverture des zones à haut risque et de renforcement des capacités des organisations nationales et communautaires. Le Coordonnateur humanitaire appelle l’ensemble des partenaires humanitaires, les autorités nationales et les bailleurs à : renforcer les efforts de prévention et de mitigation des risques, en particulier au niveau communautaire ; garantir l’application stricte des normes minimales de prévention contre les abus et exploitations sexuels dans toutes les organisations ; assurer un financement durable et suffisant des activités critiques de prévention et de réponse ; maintenir une approche collective, centrée sur les personnes affectées et fondée sur la redevabilité. « Ces allégations nous rappellent l’ampleur des défis, mais également les progrès notables accomplis. Nous devons redoubler d’efforts pour garantir que chaque personne assistée au Tchad puisse accéder à une aide sûre, digne et respectueuse de ses droits. Le système des Nations unies, réaffirme son engagement à travailler étroitement avec le gouvernement du Tchad, les Ong nationales et internationales, ainsi que les communautés, pour prévenir et répondre efficacement à toute forme d’exploitation et d’abus sexuels », conclut-il.

Roy Moussa