Prévenir l’exploitation et les abus sexuels

C’est le cœur de l’atelier de formation des formateurs, sur la communication pour la protection contre l’exploitation et les abus sexuels (Psea) et l’engagement communautaire, destiné aux journalistes et animateurs des médias communautaires, points focaux de l’Unicef. Un atelier organisé du 25 au 27 mars 2026, par le ministère de la Communication, en partenariat avec le bureau pays des Nations unies, l’Agence Unicef et le réseau national Psea.

À l’issue de l’atelier, une Charte des médias du Tchad sur la Psea et la lutte contre les violences basées sur le genre (Vbg) est élaborée et signée par les participants. Comment mettre à contribution les journalistes et animateurs des radios, pour accompagner la politique de tolérance zéro, du système des Nations unies. C’est la démarche entreprise à travers la douzaine des différents modules présentés, qui ont fait l’objet des partages et d’échanges d’expériences. Les bonnes pratiques en matière de prévention et réponse à l’exploitation et les abus sexuels développées dans les agences du système des Nations unies, ont sous-tendu ces échanges de partage avec les journalistes et animateurs des médias communautaires. La question de la Psea étant une affaire de tous, il est question d’outiller les hommes et femmes des médias, à mieux appréhender cette préoccupation, afin qu’ils soient des ambassadeurs auprès de leurs organes respectifs, et au-delà, contribuer à prévenir et informer avec responsabilité l’opinion, à l’effet d’aller vers un changement de comportement, dans une société débarrassée de ces pratiques considérées comme des crimes, et punies par les lois en vigueur.

Les modules concernent le Cadre normatif Psea, les définitions clés, les six principes, les similitudes et différences avec les Vbg, comprendre l’importance du respect envers les populations et la gestion responsable du pouvoir, rôles et responsabilités des communicateurs dans la prévention de l’exploitation et abus sexuels,  les normes éthiques, comment engager les médias dans la lutte contre les Vbg,  le signalement de l’exploitation et abus sexuels, approche centrée sur les survivant-e-s, cas de l’absence des acteurs en Vbg, le Guide de poche Vbg, l’engagement communautaire, l’importance de la communication bidirectionnelle et mécanisme de retour d’information, comment engager les médias dans la lutte contre les Vbgs ; le Fact- checking pour le traitement, la vérification et la contextualisation des informations sensibles pour la gestion des rumeurs et la désinformation en contexte de Psea ; usage de l’Intelligence artificielle dans le travail médiatique.

 

Dénoncer pour protéger contre l’exploitation et les abus sexuels

Les participants sont mieux édifiés sur cette problématique très préoccupante, choisie par le système des Nations unies pour développer un mécanisme de prévention. Celui de “promouvoir une culture de tolérance zéro sur les lieux de travail”. Dans cette optique, l’objectif prioritaire est d’éduquer les différentes communautés à changer de mentalité, pour dénoncer les exploitations et abus sexuels. Des dispositifs de signalement des cas de la Psea existent, mais peut-être méconnus des communautés.

Des numéros verts à contacter : 1255 pour les inters agence et 1390 pour le gouvernement, ainsi que les adresses suivantes : [email protected] /  [email protected] / [email protected]

André Moussa, responsable du programme Psea à l’Unicef, s’est réjoui de la participation de tous lors de cet atelier. Il a reconnu que lors des discussions sur la question de la Psea dans le contexte humanitaire, mais aussi de développement, un maillon important n’a pas été pris en compte. Ce qui vient d’être rattrapé à juste titre, en impliquant et associant les médias et communicateurs, parce que c’est le lien d’interconnexion entre tout ce qui se discute au niveau politique, des programmes, avec les populations, qui sont en train d’être assistées sur le plan humanitaire et de développement. “Il y a un maillon important qu’on n’a pas su réellement bien exploiter, c’est le relais des médias communautaires, des journalistes et communicateurs, qui ont un rôle très déterminant, en terme d’éducation, d’information, d’influence et de mobilisation communautaire, afin de connecter exactement toutes les parties prenantes par la question. J’ai beaucoup appris durant ces trois jours, qui ont été une grande école pour moi. J’ai l’impression d’avoir vécu 10 ans au Tchad, tant j’ai appris sur le contexte tchadien. Nous avons beaucoup à apprendre des uns et des autres et je pense que si nous nous engageons véritablement à mettre en pratique ce que nous avons appris ici, nous, du système des Nations unies au Tchad, sommes prêts à vous accompagner, dans votre travail pour lutter contre l’exploitation, les abus sexuels ainsi que les harcèlements et Vbg. N’attendez pas, commencez dès maintenant à faire votre travail de prévention et sensibilisation”, conseille André Moussa.

Roy Moussa

 

Charte des médias du Tchad sur la Psea et la lutte contre les Vbg

Conscients du rôle essentiel que jouent les médias dans la prévention, la dénonciation et la transformation sociale face aux violences basées sur le genre (Vbg) et aux risques d’exploitation et d’abus sexuels (Eas) au Tchad, les professionnels des médias s’engagent à respecter et promouvoir les principes de cette Charte :

  1. Engagements généraux

Promouvoir une couverture médiatique responsable, éthique et sensible au contexte tchadien ; Contribuer activement à la prévention des Vbg et de la Psea ; Protéger systématiquement la dignité, l’anonymat et la sécurité des survivant(e)s ; Refuser toute forme de sensationnalisme ou de discrimination ; Recourir exclusivement à des sources accréditées et reconnues par les autorités compétentes, notamment le/la Coordonnateur(trice) Psea Inter‑agences, le bureau du/de la Coordonnateur(trice) résident(e) de l’Onu, le Réseau Psea, La Coordination du domaine de responsabilité Vbg, la Maison nationale de la femme ,les Agences Onu de dernier recours en Vbg/Psea (Unfpa, Unicef)…, afin de garantir l’intérêt supérieur des victimes, l’exactitude des informations et la protection des lanceurs d’alerte.

  1. Reporting Éthique et Sensible

Utiliser un langage centré sur les survivant (e)s ; Vérifier rigoureusement les faits avant publication ; Ne jamais révéler des informations permettant l’identification des survivant(e)s ; Présenter les Vbg et la Psea comme des violations graves des droits humains

  1. Protection des Survivant(e)s

Mettre en avant les mécanismes d’appui disponibles au Tchad ; Ne pas solliciter un témoignage lorsqu’il existe un risque de retraumatisation ; S’abstenir de toute pression pour obtenir une interview.

  1. Engagement des Médias à la PSEA

Promouvoir la tolérance zéro envers toute forme d’exploitation ou abus sexuel ; Informer sur les mécanismes de plainte disponibles ; Refuser toute collaboration avec une source suspectée d’Eas.

  1. Sécurité, Protection des Journalistes et Soutien Institutionnel

Garantir un environnement de travail sûr et exempt de harcèlement ; Mettre en place des procédures internes pour signaler les abus ; Renforcer la participation des femmes dans les espaces décisionnels ; Collaborer avec les autorités pour améliorer la protection des journalistes ; Apporter un soutien actif au Ministère de la Femme et de la Petite Enfance dans le plaidoyer pour la promulgation d’une loi de protection des lanceurs d’alerte en Psea/Vbg,

  1. Collaboration et Redevabilité

Travailler en partenariat avec les Ong, agences de l’Onu et autorités ; Participer aux formations Vbg, Psea et éthique ; Encourager des mécanismes d’autorégulation médiatique.

  1. Engagement Public

Les journalistes et organes de presse signataires affirment leur volonté de lutter contre les Vbg, promouvoir la Psea et contribuer à une société plus juste.