Le ministère de l’environnement, de la pêche et du développement durable (Mepdd), avec l’appui de l’Unicef, a organisé du 3 au 5 juin 2026, un atelier national sur l’éducation environnementale au Tchad. A l’issue, il est défini les contours de la mise en place d’une plateforme de l’éducation environnementale et au changement climatique (PEecc) au Tchad, adossée à une feuille de route élaborée.
Les participants se sont accordés, pour préciser que cette plateforme nationale, est ‘’un cadre d’organisation faitière chargée de mettre en place la stratégie nationale de l’éducation environnementale et changement climatique’’. Un comité Ad hoc est chargé de finaliser lesdits documents, afin qu’ils soient approuvés officiellement par un arrêté ministériel, pour permettre un travail en synergie entre les différents acteurs impliqués. L’objectif recherché, est d’harmoniser les actions qu’entreprennent ces différents acteurs, notamment les ministères sectoriels (environnement, éducation nationale et jeunesse), les organisations de la société civile (Osc), les organisations non gouvernementales (Ong) nationales, les partenaires techniques et financiers qui appuient et accompagnent les différents acteurs, qui œuvrent de manière dispersée et isolée, pour promouvoir l’éducation environnementale et lutter contre le changement climatique. Les échanges d’expériences et partages des bonnes pratiques, au cœur de l’atelier, ont permis à chaque partie prenante de mieux appréhender ce que fait l’autre, et a contribué à rapprocher les points de vue.
Des recommandations émises
Au Gouvernement : de mettre en place une plateforme nationale de l’éducation environnementale et au changement climatique ; d’organiser un atelier national de co construction sur l’éducation environnementale et changement climatique ; d’intégrer l’éducation environnementale et changement climatique dans le système éducatif.
Aux partenaires : d’appuyer techniquement et financièrement la plateforme, pour la vulgarisation de la stratégie nationale de l’éducation environnementale et au changement climatique ; ainsi que la mise en œuvre de la feuille de route de l’éducation environnementale.
Aux parties prenantes : de s’approprier les conclusions des travaux de cet atelier, et les mettre en œuvre ; de contribuer à la mise en œuvre de la stratégie et des activités de l’éducation environnementale.
Aux jeunes et communautés : de constituer un réseau des organisations des jeunes, pour servir de relais.
Les représentants de l’Unicef considèrent cet atelier comme une base solide du lancement des actions et une contribution au Pnd 2030, et réaffirme l’engagement de l’Agence, à accompagner les prochaines étapes du travail à faire.
Ces recommandations émises, découlent des échanges d’expériences, de partages des bonnes pratiques et stratégies réalisées par les différents acteurs. C’est le cas des deux documents présentés par le ministère en charge de l’environnement, relatifs à la Stratégie nationale de l’éducation environnementale et au changement climatique (Sneecc), outil de base pour la promotion en milieu scolaire et dans les communautés, ainsi que du Guide de création, d’organisation et de fonctionnement des clubs environnement du Tchad, qui découle de la Sneecc. Il en est de même du document d’intégration de la protection de l’environnement, dans les programmes d’études, manuels scolaires et livres pédagogiques, présenté par le Centre national du curricula (Ministère en charge de l’éducation), acteur majeur de la transformation du système éducatif. Tout comme celui, relatif à la Politique nationale de la jeunesse (Ponajeun), outil de plaidoyer et de mobilisation du ministère en charge de la jeunesse. Les bonnes pratiques de l’Ong Espace vert du Sahel (Evs), des partenaires Unicef et GIZ, également ont fait l’objet de partage, qui confortent et concourent ainsi à l’amélioration de la Sneecc révisée qui prend fin en 2027, et permettra d’orienter le travail de la plateforme à mettre en place, pour son opérationnalisation.
Prendre en compte de nouveaux acteurs pour renforcer la stratégie nationale
Ce que conseille le partenaire Unicef, qui accompagne les gouvernements dans le renforcement de leur engagement en faveur du climat, notamment à travers la ratification de la mise en œuvre de la Déclaration sur les enfants, les jeunes et l’action pour le climat. Un engagement qui vise à consolider l’éducation environnementale, à promouvoir la participation active des enfants et des jeunes aux politiques et à garantir leur droit à un environnement sain, sûr et durable. Également promouvoir une éducation environnementale inclusive, résiliente et durable, pleinement centré sur les besoins, les droits et le potentiel des enfants et des jeunes. ‘’ L’éducation environnementale, n’est pas seulement l’apanage du ministère en charge de l’éducation. Le lien avec les ministères de la jeunesse, de l’environnement, ainsi que le secteur privé, est indispensable pour asseoir un bon programme d’éducation environnementale, utile à tous ‘’ a conseillé Ange Ayé Aké, représentant l’Unicef, suite aux échanges contributives lors de l’atelier.
Il a suggéré de prendre en compte d’autres acteurs qui n’apparaissent pas directement, notamment le secteur privé à travers la dimension employabilité des jeunes et l’économie verte, pour atténuer les crises de chômages, ainsi que celui des arts qui est un secteur qui peut amplifier l’Eecc au Tchad.
Quelques participants témoignent
Tog Ya Allah (présidente du parlement des enfants du Tchad) : ‘’ Je salue l’implication des jeunes à cet atelier, parce qu’il est très important dès le bas âge, d’apprendre comment entretenir et préserver notre environnement, puisque c’est nous qui allons construire le Tchad de demain, en préservant notre environnement. Pour cela, je souhaite que les jeunes soient de plus en plus impliqués dans les processus de prise de décision. Nous nous engageons à mobiliser tous les enfants parlementaires, afin d’entamer les sensibilisations y relatives, sur tous nos supports de communications, dans nos différentes communautés constituées dans les écoles et auprès des parents ‘’, promet-elle.
Fatimé Rosine Amane (coordinatrice des supers Banat de la Maison de culture Baba Moustapha) : ‘’ Pour ma toute première expérience dans un atelier, je trouve que c‘est une belle initiative. C’est vrai que nous polluons et détruisons nous-mêmes notre environnement. Grâce à cet atelier, je sais maintenant que nous devons plutôt le protéger, en nous protégeant nous-mêmes. Et cela passe par la sensibilisation et l’éducation de notre entourage. C’est important de l’enseigner dans les écoles à la base, au lycée et université, afin qu’on grandisse avec ces connaissances, pour améliorer et protéger notre avenir ‘’.
Mariam Tidjani (Communauté des U-reporters) : ‘’ cet atelier a rappelé que tout le monde est concerné et impliqué dans la protection de l’environnement, ce qui est très important. Au niveau des U-reporters, nous menons beaucoup d’activités de sensibilisation avec les ministères partenaires que sont celui de l’éducation et de la jeunesse, mais cet atelier est un plus pour nous pour sensibiliser davantage sur la protection de l’environnement ‘’.
Charlotte Badart (membre de l’Ong Equity future) : ‘’ Cet atelier est très important pour le Tchad, parce qu’on n’en a pas beaucoup. L’éducation environnementale est un concept qui commence à s’inscrire dans les mécanismes de l’éducation au Tchad. Notre institution est bien présente avec les clubs jeunes dénommés ‘’les gardiens de la nature’’, qui évoluent progressivement dans la formation que nous avons mis en place. Surtout avec le concept de ‘’retour à la terre’’ que nous prônons. La sensibilisation est donc très indispensable, puisque nous développons aussi le concept de l’entreprenariat vert ‘’.
Roy Moussa
