Électricité tondol… pardjack *!

Que de promesses ! Toujours non tenues. Le peuple en a marre, mais il se résigne ; la résignation est désormais la marque de fabrique du peuple tchadien. Il a une capacité, alors extraordinaire d’amoindrir les chocs d’où qu’ils viennent et de quelle que nature que ce soit. Il faut l’en féliciter car le tchadien aura tout appris de la philosophie du jonc qui ploie mais ne rompt jamais. C’est formidable !

L’eau potable, le peuple en a en quantité à revendre, vantent les plus hauts responsables du pays, mais aucune goutte ne suinte des robinets de nombreux quartiers de N’Djaména des mois durant, sans qu’on ne pipe mot. N’évoquons pas le Tchad-profond où dans de nombreuses localités, bêtes et hommes s’abreuvent en ce moment à la même source. Dans la capitale, les plus fortunés ont recours à l’eau minérale pour leur consommation tandis que les moins nantis n’ont d’autres choix que de tomber à bras raccourcis sur les pompes manuelles grincheuses dont les connaisseurs donnent leur langue au chat quant à la pureté de leur contenu. L’électricité, nous ne l’évoquerons jamais assez, constitue tant dans les grandes villes qu’en rase-campagne, une denrée de luxe. Pendant que nous mettons sous presse, des informations au sujet du manque d’électricité dans des villes comme Abéché, Moundou, Doba (zone pétrolière où les sociétés pétrolières torchent en pleine nature du gaz butane, sans le convertir en électricité pour le peuple), … sont alarmantes.

À N’Djaména la semaine dernière, ce qui a troublé la tranquillité de tous a été incontestablement l’invite du directeur du Centre hospitalier universitaire de référence nationale des familles à passer retirer les corps des leurs à cause d’un dysfonctionnement technique qui a réduit la capacité de la morgue. On évoque les délestages intempestifs qui seraient à la base de cette panne. “Le Centre hospitalo-universitaire de référence nationale invite des familles à récupérer les corps de leurs proches après une panne à la morgue” ! Plus grave encore, dans d’autres hôpitaux, il n’y a pas de places pour garder nos morts en attendant de les accompagner dans leurs dernières demeures. Du jamais vu dans cette morgue de l’hôpital central, qui conserve les nôtres qui ne sont plus, s’exclame un Lamyfortain.

Quoi qu’il en soit, loin des N’djaménois le bout tunnel. En cette période où le mercure toise les 43° C à l’ombre, aucune solution véritable ne pointe à l’horizon pour les soulager de la canicule. Et le silence des premiers responsables de la Tchadelec constaté depuis quelques temps n’augure rien de bon. C’est dire que la majorité de la population qui ne compte que sur le rare jus de la Tchadelec pour se rafraîchir ou vaquer régulièrement à ses activités génératrices de revenus ne peut avoir que ses yeux pour pleurer.

Au lieu de crier sur tous les toits l’abondance de l’électricité et de l’eau que nos yeux ne voient pas, les autorités doivent s’armer de courage et dire la vérité au peuple en s’interrogeant : “Comment devons-nous faire pour sortir de ce marasme ?”  Car, le peuple souffre. Il en a assez des promesses sans lendemain.

La Rédaction.

*Il y a plein d’électricité !  

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