G5 Sahel: Le sommet du bilan et des stratégies nouvelles

N’Djamena, la capitale tchadienne, abrite les 15 et 16 février 2021, les travaux de la 7ème session de la conférence des chefs d’Etat du G5 Sahel.

C’est dans l’après-midi du 15 février que les travaux du sommet ont démarré à l’auditorium de l’hôtel Radison Blue de N’Djamena, bien quadrillé par les forces de sécurité. Idriss Déby a à ses côtés plusieurs chefs d’Etat, excepté Emmanuel Macron dont l’arrivée a été annulée le week-end dernier, “uniquement pour des raisons sanitaires”, selon l’Elysée. En plus des chefs d’Etat du G5 Sahel, le sommet de N’Djaména a mobilisé plusieurs autres partenaires et envoyés spéciaux des pays et organisations internationales membres de l’Alliance G5 Sahel. Parmi les chefs d’Etat et représentants des pays et organisations internationales, il y a entre autres les présidents ghanéen et sénégalais, le Premier ministre marocain, le représentant du Conseil de transition du Soudan, la secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (Oif), le président de la Commission de l’Union africaine (Ua). Tous ont exprimé l’engagement de leurs pays et organisations aux côtés des pays membres du G5 Sahel dans la lutte contre le terrorisme devenu l’ennemi commun de tous les pays d’Afrique.

C’est devant ce parterre d’homologues et d’invités spéciaux que le président de la République du Tchad, Idriss Déby Itno, à qui incombent désormais les charges de la présidence en exercice du G5 Sahel, appelle à plus de contribution dans la lutte que mènent les pays membres.

“En décidant de mutualiser nos efforts pour faire face aux forces du mal, nous avons pris l’engagement avec l’histoire (…). Malgré les efforts consentis, le bout du tunnel n’est toujours pas perceptible car les populations de l’espace sahélien vivent chaque jour les affres des attaques terroristes et attendent des actions de développement. C’est pourquoi le financement des programmes d’investissement  est impératif”, plaide Idriss Déby Itno.

Moussa Faki Mahamat, président de la commission de l’Ua n’est pas passé par quatre chemins pour rappeler aux pays du G5 Sahel et leurs partenaires que la situation n’a pas changé sur le terrain. “Plus le temps passe, plus les terroristes s’installent. Nous avons besoin des actions concrètes”, souligne-t-il.

Le sommet de N’Djaména, qui s’ouvre un an après celui de Pau en France et sept mois après celui de Nouakchott, en Mauritanie, est une occasion, d’une part, pour faire le bilan des engagements réciproques souscrits par la France et ses alliés de lutte antiterroriste, et, d’autre part,  de réfléchir sur la conduite à tenir face à la situation sécuritaire de plus en plus dégradante. Bien avant ces assises, Paris a enchaîné une série de rencontres bilatérales avec les différents dirigeants du Sahel. Bah N’Daw, le chef de la transition malienne, le mauritanien Mohamed Ould El-Ghazouani, président sortant du G5 Sahel, le nigérien Mahamadou Issoufou, puis le Tchadien Idriss Déby Itno, tous, sont reçus à tour de rôle à l’Élysée par Emmanuel Macron à cet effet.

Parmi les engagements multilatéraux de lutte antiterroriste souscrits, que le sommet de N’Djaména a réévalué, figurent, entre autres, la coordination des actions militaires sur le terrain, l’implication de la communauté internationale, le retour de l’Etat et des administrations dans les zones fragiles, la mobilisation des ressources pour le développement de l’espace G5 Sahel, etc.

Aujourd’hui, malgré les difficultés que rencontrent les armées au front, Macron et ses homologues du G5 Sahel se félicitent régulièrement au nom “des succès remportés”.

Cette autosatisfaction des dirigeants est sans doute la raison pour laquelle, le sommet de N’Djaména a manqué d’être un moment politique de vérité sur des questions qui font actuellement du buzz. Au rang de celles-ci figure l’intervention française dans le Sahel, pour laquelle certains observateurs estiment qu’il existe toujours des zones d’ombres à éclaircir.

Bien avant l’ouverture officielle du sommet, les ministres et experts des pays membres et organisations partenaires du G5 Sahel  se sont retrouvés, les 10, 11 et 13 février, pour s’accorder sur l’ordre des priorités inscrites dans l’agenda de ce sommet et harmoniser le bilan de l’exercice 2020. Le 14 février, l’aéroport international de N’Djaména a vibré aux sons des hymnes nationaux. A leur descente de d’avion, les chefs d’Etats et représentants ont été conduits à tour de rôle  à la place de la Nation et ont déposé chacun une gerbe de fleurs au pied du monument des martyrs érigé pour la circonstance. Le Maréchal Idriss Déby Itno qui s’est prêté à la tâche avant les autres a allumé une flamme qui durera le temps du sommet.

Le dépôt de gerbe de fleurs est la reconnaissance et la célébration des femmes et hommes qui ont défendu la paix au prix de leur sang dans l’espace sahélien.

Alladoum leh-Ngarhoulem G.

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