Une énième crise à l’Unet

N’Djaména, connaît de plus en plus de tensions qui la fragilisent depuis plus de trois semaines. Entre les étudiants et leurs représentants, c’est je t’aime, moi non plus.

Il est difficile de déterminer avec exactitude le ver qui a percé le fruit. Tantôt, le problème vient d’un groupe d’étudiants qui se font appeler “généraux”, semant des troubles, tantôt, de leur président qui ne veut pas céder sa place. D’un côté comme de l’autre, la tension reste vive. Ce qui amène la présidence de l’Université à convoquer un conseil de discipline, qui a pris des sanctions allant des avertissements pour les uns, aux exclusions définitives pour les autres.

Alors que l’Université est à un mois des vacances, ce quiproquo vient bouleverser le chronogramme de l’année en cours. Les étudiants réclament le départ de leur secrétaire général de la section de N’Djaména, Yaya Barkaï Mahamat et exigent la mise sur pied d’un nouveau bureau. Car, clament-ils, “Il est inadmissible que Barkaï triple son mandat”. Cette réclamation est fondée sur deux principales raisons. La première prend appui sur les textes de l’Unet qui n’accordent qu’un seul mandat ; la seconde se base sur le statut de fonctionnaire de l’État de Yaya. Cette réaction n’est pas la bienvenue chez le mis en cause pour qui “le vrai problème est le rappel à l’ordre de ses camarades appelés communément généraux, mangeant gratuitement au restaurant du campus. Ils utilisent sans frais les services de transport et menacent les autres”, argumente-t-il. “Ce rappel à l’ordre est mal pris par les étudiants, qui m’ont gardé dent”, ajoute-t-il, avant de se justifier : “Je ne vais pas m’éterniser au bureau de l’Unet. Je n’ai pas non plus refusé de mettre sur pied un nouveau bureau de l’Unet, section de N’Djaména. Ce qui retarde les élections, c’est le communiqué du ministre de l’Enseignement supérieur qui exige que l’année académique en cours finisse d’ici fin août. Et comme les cours sont prioritaires par rapport aux élections, j’ai demandé aux condisciples de patienter jusqu’à septembre 2023, compte tenu du temps accordé pour que les activités académiques soient clôturées. Chose que certains étudiants n’ont pas accepté et qui tourne aujourd’hui au vinaigre”. Aussi, déclare-t-il être gêné de l’exclusion de ses camarades, qui n’est rien d’autre que l’application des textes de l’Université, avant de préciser que ceux-ci ne sont pas venus le voir pour résoudre le problème.

En revanche, les étudiants ne pensent pas baisser la garde jusqu’au rétablissement de leurs condisciples exclus. “Nous acceptons d’être en retard dans les cours et nous en sommes conscients. Nous exigeons le rétablissement sans condition de nos camarades de lutte”, exigent-ils.

Cette tendance d’opposition entre le président de l’Unet de N’Djaména et ses camarades n’est pas restée sans conséquence, puisque l’on est en train d’enregistrer des exclusions en séries, dont la première liste compte six étudiants. Malgré le constat fait sur la relance des activités académiques, l’on est encore surpris de voir une deuxième vague d’exclusions qui met hors des murs universitaires, trois autres étudiants. Cette récente décision de la présidence de l’Université met dans le cœur de tous, une inquiétude profonde.

Vivement un dénouement heureux à cette crise, qui risque d’avoir des répercussions négatives sur les activités académiques en cours et celles à planifier pour l’année académique à venir.

Toïdé Samson,

stagiaire