Première tchadienne candidate à l’élection présidentielle

Mme Beassemda Lydie entre dans l’histoire de la politique tchadienne, en étant la première tchadienne dont la candidature est validée à une élection présidentielle.

Reconnue et réputée pour son engagement citoyen et politique, elle est admirée pour sa conviction, lorsqu’il est question de défendre une cause. Consultante en genre et droits humains (planification stratégique et opérationnelle, appui organisationnel et institutionnel), depuis août 2019 à nos jours, Béassemda Lydie a été précédemment ministre de la Production, de l’irrigation et des équipements agricoles du Tchad  (7 mai 2018-10 août 2019).

L’on retiendra de son cursus, qu’elle est titulaire de deux diplômes d’études supérieures spécialisées (en planification territoriale et développement local, département de géographie, Uqam, Université du Québec à Montréal (2008-2009) et en industries agroalimentaires (Université de Ouagadougou, Burkina Faso (1996-1998). Cela, après avoir obtenu un  Certificat en microbiologie à l’Université de Ouagadougou, Burkina Faso (1996-1997),  une Maîtrise en Sciences naturelles à l’Université Abdou Moumouni, Niger (1995-1996), une Licence et un Deug en sciences naturelles, à l’Université du Tchad (1990-1994)  et un Baccalauréat série C, à Moundou au Tchad (1988-1989).

Ingénieure en Industries agro-alimentaires et planificatrice de développement, elle a cumulé 20 années d’expériences professionnelles enrichissantes, dans des domaines divers et variés : recherche action, politiques sectorielles (agriculture, environnement, genre, santé, gouvernance), coopération au développement à différents niveaux (décentralisé, bilatéral, multilatéral). Elle est, à nos jours consultante nationale et internationale en planification, évaluation des projets/programmes et politiques, genre et droits humains ; assistante technique en appui à la Cellule de liaison et d’information des associations féminines (Celiaf), depuis 2007. Elle a été directrice générale de développent services, Bureau d’études (2010- 2015); responsable de la division planification – suivi-évaluation au Centre national de nutrition et de technologie alimentaire (2011-2013); responsable du Programme droits des femmes à Intermon Oxfam (2009-2010); coordinatrice de la Fondation Swissaid au Tchad (octobre 2005-février 2010); chargée de programmes du Groupe de recherches alternatives et de monitoring du projet pétrole Tchad Cameroun (2001-2005); agent technique au Centre national de nutrition et de technologie alimentaire (Cnnta) sous tutelle du ministère de la Santé publique (1998- 2001) et stagiaire à l’Institut tchadien de recherche agronomique pour le développement (Itrad), de mai à septembre 1998.

Au titre des engagements citoyens et politique, l’on retiendra que depuis 2017 à nos jours, elle est coach dans le cadre du programme leadership jeunes et employabilité de la mutuelle pour le développement socioéconomique de la femme tchadienne. Leader politique engagée depuis avril 2010, elle préside à la destiné du parti PDI. Elle est membre fondatrice et personne ressource de la Mutuelle pour le développement socioéconomique de la femme tchadienne (Mudesoft) en 2004, membre fondatrice et personne ressource de la Caisse d’appui aux initiatives de développement (Caid), établissement de micro finance de  1ère catégorie depuis 2009.

Les acquis avérés de ces années d’expériences ont permis à cette candidate à la présidentielle, qui parle couramment le français, l’anglais et l’arabe tchadien, d’avoir une vue large en matière de coordination des programmes/projets, de leadership, de dialogue politique et de négociation. L’exercice des fonctions assumées et de la recherche action ont enrichi son parcours professionnel de compétences, en matière de politiques agricoles et de sécurité alimentaire et nutritionnelle, après avoir parcouru douze pays africains, six européens et trois américains.

Pour rappel, c’est pendant qu’elle était au gouvernement qu’il y a eu  l’adoption de la loi d’orientation agro-sylvo-pastorale et halieutique par le conseil des ministres et l’Assemblée nationale; la revue du Plan national d’investissement du secteur rural; la révision du cadre de programmation pays de la Fao, qui vise la prise en compte de nouveaux défis d’appuis à travers une coopération renforcée et encore plus efficiente ; l’élaboration d’une stratégie nationale de mécanisation assortie d’un plan d’action opérationnelle et le renforcement de la gouvernance au sein de trois institutions clés du ministère dont l’Agence nationale d’appui au développement rural (Anader), l’Institut Tchadien de recherche agronomique pour le développement (Itrad), l’Office national de sécurité alimentaire (Onasa), qui traversent en ce moement des difficultés majeures.

Roy Moussa